L’économie circulaire : un nouveau modèle industriel, des milliards d’économies à la clé en Europe

Posté par Delphine SMAGGHE, le 10/02/2012
Catégorie : Déchets , Développement durable
Tags : cradle to cradle, économie circulaire, déchets, valorisation, éco-conception, cycle de vie

Vous avez sans doute entendu parler de l’économie circulaire, qui consiste à réutiliser au maximum les matières premières et l’énergie pour éviter tout gaspillage. Le concept compte désormais une nouvelle ambassadrice en la personne de l’ancienne navigatrice Ellen MacArthur qui l’a présenté le 31 janvier à Paris. Sa fondation a commandité une étude au cabinet américain McKinsey. Cette étude plaide pour une adoption plus rapide de l'économie circulaire et en quantifie les bénéfices économiques : l'industrie européenne pourrait épargner à court terme plus de 380 milliards de dollars. Les bénéfices sont aussi écologiques : dans sa configuration maximale, le scénario pourrait générer jusqu’à 40 % d’économies d’énergie et de matières premières.

Pour en savoir plus, vous pouvez lire ici l’article du Journal de l’environnement.

cradle to cradle, économie circulaire, déchets, valorisation, éco-conception, cycle de vie

 

Cette approche a inspiré le courant « cradle to cradle » (du berceau au berceau). Ses concepteurs, l’architecte américain William McDonough et le chimiste allemand Michael Braungart, ont publié en 2002 aux États-Unis un livre, traduit dans de nombreuses langues, dont la version française est sortie en février 2011.

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Un site de méthanisation alsacien alimenté (entre autres) par nos restaurants

Posté par Delphine SMAGGHE, le 07/12/2011
Catégorie : Déchets
Tags : méthanisation, partenariats, déchets, valorisation

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Je sais que la question de la collecte et de la valorisation des déchets est un sujet qui vous intéresse particulièrement. Voici un exemple de ce qu’il est possible de faire à l’échelle locale, la seule qui soit viable pour ce type de projets reposant sur des partenariats. Nos restaurants de Guebwiller et Mulhouse, dans le Haut-Rhin, alimentent depuis plus d’un an en déchets cinq plateformes de compostage, montées par un réseau d’agriculteurs (Agrivalor). Les équipiers et les managers des 10 restaurants concernés jouent le jeu et participent avec beaucoup de sérieux au tri. Toutes les pertes alimentaires côté cuisine sont récupérées.

L’énergie d’un territoire

Parallèlement, un projet de méthanisation s’est mis en place avec trois des six agriculteurs du réseau. En novembre 2011, un site a vu le jour à Ribeauvillé, dans le Haut-Rhin. La méthanisation est un procédé naturel de transformation de la matière organique par des bactéries en l’absence d'oxygène. Les déchets sont digérés dans de grandes cuves de béton. Cette digestion produit du biogaz, qui alimente un moteur de cogénération. Celui-ci fournit de l’électricité réinjectée dans le réseau EDF. Le circuit de refroidissement du moteur produit de l’eau chaude qui alimente plusieurs circuits : ils chaufferont un hôtel voisin et son centre de balnéoludisme, la ferme de l’un des associés et l’installation elle-même. Enfin le produit issu de la transformation, le digestat, est réutilisé sur les parcelles agricoles en remplacement des engrais chimiques. La capacité de traitement du site est aujourd’hui de 28 000 tonnes de déchets entrants par an. Ils proviennent d’agriculteurs et de viticulteurs, des collectivités locales (cantines scolaires, hôpitaux, maisons de retraite...), des industries agroalimentaires, de la grande distribution et de la restauration. Les restaurants McDonald’s représentent à peu près 10% de cette collecte. L’objectif à terme est de faire participer tous les restaurants de la région Alsace, objectif favorisé par la situation centrale des sites de compostage et de méthanisation.

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Le plan déchets : agir à tous les niveaux

Posté par Delphine SMAGGHE, le 09/09/2011
Catégorie : Déchets , Stratégie environnementale
Tags : déchets, tri, valorisation, recyclage, collecte, emballages abandonnés

Le problème des déchets revient fréquemment dans vos commentaires et j’ai déjà eu l’occasion de dire que cette préoccupation est tout à fait légitime. Nous considérons que cette question est incontournable du point de vue de notre impact environnemental, et nous y travaillons depuis longtemps. Pour réduire cet impact, nous sommes convaincus qu’il est important d’intervenir sur toute la filière des déchets, depuis leur conception en amont jusqu’à leur valorisation en fin de vie. C’est sur cette logique que nous avons construit notre plan déchets. Je vous en propose ici un tour d’horizon. Vous me pardonnerez, j’espère, si ce billet est un peu plus long que d’habitude, mais il y a beaucoup de choses à dire !

Optimisation à la source

Pour réduire le nombre, la taille et le volume de nos emballages, nous travaillons en collaboration avec nos fournisseurs sur l’allègement des emballages existants en jouant sur les formes, les densités des matériaux. Ces efforts cumulés année après année font qu’en 2010, le poids moyen des emballages a été réduit de 13%. Depuis 2009, nous avons supprimé les boîtes «Best Of» (emballage volumineux et rigide) pour les menus à emporter et nous avons développé un nouvel accessoire (le croisillon) qui permet de réduire de 20% le poids des emballages classiques utilisés pour la vente à emporter. Côté cuisine et stockage, nous privilégions l’utilisation d’emballages de grande contenance, en optant dès que les solutions existent pour des contenants réutilisables.

Nous cherchons aussi à utiliser au maximum des matériaux d’origine renouvelable : nous avons réduit la part des plastiques de 63% (90% de nos emballages sont en carton et la majorité contient 72% de fibres recyclées).

Collecte des emballages abandonnés sur la voie publique

Nous avons déployé des efforts importants de collecte : dans chaque restaurant, un plan de propreté décrit de façon précise le trajet et la fréquence des ramassages effectués aux alentours immédiats du restaurant. De nombreux restaurants mettent en place un éco-équipier, qui, avec un véhicule propre (tricycle, voiture électrique, triporteur…), se charge d’un ramassage régulier sur un périmètre plus large.

Nous nous sommes engagés avec de nombreuses collectivités dans une démarche de partenariat local (plus d’informations ici). Les restaurants coordonnent les plans de collectes avec les collectivités pour une plus grande complémentarité des trajets et de la fréquence des ramassages.

Valorisation des déchets

Nous avons mis en place le recyclage des cartons utilisés lors de la livraison de nos produits en restaurant dès 2001. Par ailleurs, nous faisons recycler l'ensemble  de nos huiles de friture usagées en biodiesel depuis 2004. Les emballages, qui représentent la grande majorité des déchets d’un restaurant, ne peuvent pas rejoindre les filières classiques de valorisation actuellement en place car elles n’acceptent pas les déchets souillés ou les cartons recouverts d’un film plastique (pour les gobelets). Seule la technique de la méthanisation, encore peu développée en France, pourrait constituer une opportunité pour la valorisation de ce type de déchets. Un test est actuellement en cours en France et nous suivons de très près les résultats qui en découleront.

Dans les restaurants où la collecte sélective des bouteilles et canettes est possible grâce à un partenariat avec les communes, elle a été mise en place. Nous avons aussi  mené un test pour collecter et valoriser les jouets Happy Meal.  Plus d’infos sur le tri sélectif ici

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