OGM : la nécessité d’une étude indépendante et d’un débat public

Posté par Delphine SMAGGHE, le 07/11/2012
Catégorie : Développement durable , Filières Qualité
Tags : mais, ogm, étude, toxicité, pesticides

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Je ne reviendrai pas ici sur les détails de « l’affaire Séralini », qui ne peut pas vous avoir échappé ! Les résultats de l’étude choc, les controverses qui ont suivi ce « pavé dans la mare », les conclusions réfutées par l'Agence européenne de sécurité sanitaire, les académies, le Haut Conseil des biotechnologies (HCB) et l'Agence de sécurité sanitaire française (Anses).

Quelle que soit la validité scientifique de ses conclusions, quelles que soient les critiques, sans doute justifiées, formulées à l’encontre du scénario médiatique qui a accompagné sa sortie, l’étude a au moins un mérite : celui de révéler l’insuffisance des études à long terme. Les travaux de Gilles-Eric Séralini ne permettent pas d'établir scientifiquement un lien de cause à effet entre la consommation de l'OGM, de son pesticide, et les pathologies observées. Mais les travaux réglementaires, trop courts et financés par les firmes elles-mêmes, ne démontrent pas davantage l'innocuité du maïs génétiquement modifié.

« L’opinion publique ne sait qui croire ni quoi croire ». Ce sont les termes même de la présidente du comité éthique du Haut Conseil des biotechnologies. En effet.

Les agences de réglementation ont conclu à la nécessité de conduire des études approfondies et indépendantes sur les effets à long terme des OGM. La proposition a été retenue par le gouvernement. Le Premier ministre entend « porter au niveau européen la demande d'une remise à plat du dispositif communautaire d'évaluation, d'autorisation et de contrôle des OGM et pesticides ».

Voilà pour la question de santé publique. Reste que les questions soulevées par les OGM sont aussi d’ordre environnemental, sociétal et économique. L’émotion soulevée par cette étude ne doit pas le faire oublier...

 

McDonald's s’est engagé avec ses fournisseurs pour que les produits proposés dans les menus soient composés d'ingrédients de source
non OGM : blé utilisé pour la fabrication des buns, pommes de terre, tomates, salades (selon la réglementation actuelle, un produit « non OGM » est un produit qui contient moins de 0,9 % d’OGM. Au dessous de ce seuil, l’étiquetage « peut contenir des OGM » n’est pas obligatoire). Pour exemple, les sauces : l’huile de soja a été remplacée par de l’huile de colza non OGM, ce qui apporte également une meilleure qualité nutritionnelle et permet un approvisionnement local. L’alimentation des poulets est également de source « non OGM ». Cette garantie s’avère plus difficile pour la filière bovine, la contractualisation avec les éleveurs étant encore peu développée du fait notamment de la complexité de l’organisation de cette filière. Voir à ce propos mon billet « Faisons le point sur la viande bovine ».

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Les moissons du futur, où comment on nourrit le monde

Posté par Delphine SMAGGHE, le 17/10/2012
Catégorie : Autre , Développement durable
Tags : agroécologie, agriculture, alternatives, pesticides, enquête, documentaire, robin

D’accord, c’est avec un jour de retard que je vous parle de ce documentaire de Marie-Monique Robin diffusé hier sur Arte. Si vous l’avez déjà vu, tant mieux ! Sinon rien ne vous empêche de le voir, ou même de le revoir, puisqu’il sera rediffusé le samedi 20 octobre à 15H40, le mardi 30 octobre à 10H35 et le jeudi 8 novembre à 14H10... Il est en outre proposé en replay ou VOD, ou en DVD. Bref, il n’est pas trop tard !

Pour nourrir les 9 milliards d'habitants annoncés en 2050, existe-t-il une alternative au modèle agricole actuel, issu de la révolution verte lancée dans les années 1960 ? Non, répond le Président de l'Association nationale de l'industrie agro-alimentaire : une agriculture bio entraînerait une baisse de la production de 40 % pour une hausse des prix de 50 %. Oui, répond le Rapporteur spécial pour le droit à l'alimentation des Nations unies.

Qui croire ? La réalisatrice est allée enquêter aux quatre coins du globe pour répondre à cette question. Pluriculture au Mexique ou au Japon, agroforesterie au Malawi, méthode du push-pull au Kenya... Le documentaire montre que les méthodes de l’agroécologie sont des solutions viables non seulement pour lutter contre la faim dans le monde mais également pour la souveraineté et la sécurité alimentaire. À vous de voir !

La bande annonce :

 

Toutes les infos utiles pour (re)voir le documentaire sur le site d’Arte.

 

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Réduire l’usage des produits phytosanitaires : un objectif de notre stratégie agroécologique

Posté par Delphine SMAGGHE, le 06/04/2012
Catégorie : Filières Qualité , Stratégie environnementale
Tags : pesticides, phytosanitaires, stratégie agroécologique, fermes référence, pratiques agricoles

L’usage des pesticides en agriculture est un sujet qui occupe l’actualité environnementale ces derniers temps. Je cite pêle-mêle quelques-unes de ces actualités.

Tout récemment (du 20 au 30 mars) s’est tenue la Semaine pour les alternatives aux pesticides : 700 évènements ont été organisés principalement en France mais aussi dans 21 autres pays pour informer sur les pesticides et promouvoir les alternatives.

Une enquête réalisée par l'UFC-Que choisir et rendue publique au lendemain du Forum Mondial de l’eau à Marseille révèle que, si 97,5% des Français ont accès tout au long de l’année à une eau de bonne qualité, le coût de la dépollution de l'eau due aux pratiques agricoles, et facturé aux consommateurs, est très élevé.

Selon un sondage CSA pour France nature environnement, publié fin février, trois Français sur quatre sont inquiets de possibles traces de pesticides dans l'alimentation.

Le 17 avril, en deuxième partie de soirée sur France 2, sera diffusé un documentaire, « La mort est dans le pré » sur les agriculteurs malades des pesticides.

Rencontre avec Eric Guéret réalisateur du film, lors du congrès pesticides et santé au palais du Luxembourg les 23-24 mars 2012.

Vers des pratiques agricoles plus respectueuses de l’environnement

Diminuer le recours aux produits phytosanitaires, tels que les pesticides, les herbicides et fongicides, est un objectif de notre stratégie agroécologique. Nous avons choisi de travailler dans ce sens avec nos principaux fournisseurs. Des solutions sont expérimentées dans notre réseau de fermes et de parcelles de références, afin notamment de limiter l’impact des cultures sur la ressource en eau et de préserver la biodiversité.

Le sujet est bien sûr complexe puisqu'il s'agit de repenser globalement les itinéraires techniques des cultures et d'identifier les pratiques respectueuses de l'environnement qui satisferont les rendements et la viabilité économique des exploitations. Même si cela n'est pas facile, nous ne devons cependant pas baisser les bras et les gouvernements, les services de l'État et les entreprises comme la nôtre peuvent/doivent accompagner les agriculteurs dans leur démarche. Des solutions éprouvées ou en test existent : produits alternatifs, outils d'aide à la décision, désherbage mécanique, matériel de précision... Des innovations verront sans doute le jour dans les années qui viennent. Combinées entre elles et adaptées aux conditions locales, elles devraient conduire à une réduction efficace de l'utilisation de produits phytosanitaires.

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Des mesures pour promouvoir une agriculture moins dépendante des produits chimiques

Posté par Delphine SMAGGHE, le 27/04/2011
Catégorie : Développement durable , Filières Qualité
Tags : écophyto, pesticides, stratégie agro-écologique

Le plan Ecophyto, issu du Grenelle de l’environnement, ambitionne de réduire de moitié l’usage des pesticides au niveau national dans un délai de dix ans (2018).
C’est dans ce cadre que le ministre de l’Agriculture vient d’extraire 12 propositions d'un rapport parlementaire visant à développer les méthodes naturelles de protection des cultures. Il s'agit de la feuille de route « biocontrôle » que vous trouverez ici > http://agriculture.gouv.fr/IMG/pdf/110420_Feuille_route_b...
Le biocontrôle est l’ensemble des méthodes de protection des végétaux par l’utilisation de mécanismes naturels (insectes, bactéries…). Ces 12 mesures seront ainsi mises en œuvre au cours des deux prochaines années pour :
· encourager les agriculteurs à utiliser les pratiques de biocontrôle,
· promouvoir l’innovation pour le développement de nouvelles techniques sûres et efficaces,
· favoriser la mise sur le marché des produits de biocontrôle,
· mieux informer les professionnels et suivre le développement de ces usages.
Je suis de près ces avancées et plus spécifiquement le volet "acceptation" des solutions et des méthodes naturelles de protection des cultures. Elles font en effet partie des objectifs qui ont guidé la mise au point de programmes d’actions au cours des concertations agricoles que nous avons menées en 2009 / 2010. Certaines de ces techniques naturelles sont -ou vont être- testées dans des fermes de référence d'ici la fin de l'année.

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Plusieurs initiatives, un objectif commun : réduire l'utilisation de pesticides

Posté par Delphine SMAGGHE, le 01/03/2011
Catégorie : Alimentation , Filières Qualité
Tags : salon de l'agriculture, pesticides, hve, concertations

 

J'ai eu l'occasion, tout au long de la semaine dernière de suivre Agrofil, le bulletin d’informations du Salon de l'Agriculture. A la une du numéro de vendredi dernier : la mise en place du réseau FERME DEPHY EcoPhyto regroupant 1 000 fermes de Démonstration, Expérimentation et Production de références sur les systèmes économes en PHYtosanitaires. Ce réseau vise à « contribuer à l’apprentissage des systèmes de culture économes en produits phyto, à leur démonstration et à leur développement ». Il s’étend sur toutes les filières de production agricole française, en partenariat avec de nombreux acteurs comme les chambres d’agriculture, les instituts techniques… 

Ces actions  s'incrivent dans le cadre du Plan EcoPhyto 2018 du gouvernement. Elles viendront sans doute nourrir notre travail sur le réseau des 25 fermes de référence mis en place depuis octobre dernier sur nos principales filières d’approvisionnement, et vice-versa. En effet la réduction de l’utilisation des produits phytosanitaires est l’un des moyens d’actions identifiés lors des concertations et nous avons déjà mis en test plusieurs pratiques dans ce sens comme l’utilisation d’éliciteurs sur nos parcelles expérimentales « blé ». Cela devrait nous permettre d’atteindre les objectifs que nous nous sommes fixés : préserver la ressource en eau, favoriser la biodiversité et réduire les émissions de GES liés aux modes de production agricole.

Il est intéressant de voir que tous les acteurs se mobilisent et que les initiatives du gouvernement, des agriculteurs, des organisations agricoles ou encore des entreprises du secteur agroalimentaire  comme McDonald’s, vont dans le même sens. Elles accompagneront ainsi la mise en œuvre de la certification Haute Valeur Environnementale (HVE) pour les exploitations agricoles, d’ici 2012.  Nous pourrons ainsi mutualiser les résultats obtenus par les uns et les autres pour réussir ensemble à réduire les impacts environnementaux des filières. 


 

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