Durban : soulagement diplomatique et accord en vue... mais pour plus tard !
16/12/2011
La 17e conférence des Nations unies sur le climat s’est finalement achevée, à l'issue de négociations marathon (avec 36 heures de retard...), par un accord prévoyant d’établir d’ici à 2015 un pacte global de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Cet accord devra entrer en vigueur en 2020. Il concernera pour la première fois tous les grands pays émetteurs, dont les États-Unis, l’Inde et la Chine. Il devra avoir une force légale mais ne sera pas juridiquement contraignant, contrairement à ce que demandaient les Européens.

Les derniers instants de Durban, au petit matin
Durban 2011 aurait pu se terminer en catastrophe après 14 journées et deux nuits blanches de négociations. C’est donc tout de même un soulagement, bien que les ONG soient unanimement critiques sur l’issue de ce sommet, et sur cet accord obtenu à l’arraché. Il permet malgré tout d’écrire une suite au protocole de Kyoto après 2012 (mais sans la Russie, le Canada et le Japon) et d’éviter un naufrage deux ans après la déconvenue de Copenhague. Mais il ne s’accompagne pas d’une hausse du niveau des promesses des pays pour réduire leurs émissions de GES. Promesses actuellement largement insuffisantes pour contenir le réchauffement sous le seuil de 2°C.
Durban, l’avenir du protocole de Kyoto en jeu
29/11/2011
Les représentants près de 190 pays sont réunis depuis hier à Durban, en Afrique du Sud, pour un nouveau round de négociations de deux semaines sur le climat. C’est la 17ème conférence des parties (COP) des États signataires de la Convention Climat de l'ONU initiée à Rio de Janeiro en 1992.
L’avenir du protocole de Kyoto est en jeu, aux côtés de questions comme les financements dont pourraient bénéficier les pays les plus vulnérables. Depuis 2005, ce protocole vise à réduire les émissions de gaz à effet de serre, atténuer leur impact sur l'environnement et aider les pays les plus menacés à s'adapter. Une première période d'engagements s'achève fin 2012. Les pays en développement réclament de nouveaux engagements de la part des pays industrialisés. Ce que refusent notamment le Japon, la Russie et le Canada.
L’Union européenne a proposé une feuille de route. Ses pays ont en bonne partie respecté leurs engagements de réduction des gaz à effet de serre et atteindront leurs objectifs en 2012, ou n’en seront pas loin : ils se sentiraient donc moins menacés par un prolongement de l’entente. Reste à convaincre la Chine, l'Inde, ainsi que les États-Unis, paralysés par leur situation politique intérieure. Après l’échec de Copenhague, Cancun avait permis de trouver un accord a minima. Reste-t-il un espoir de débloquer la situation ?
Pour en savoir plus, je vous conseille la lecture d’un dossier très complet dans le magazine Alternatives Économiques de décembre, intitulé « Climat, pourquoi ça n’avance pas ».
Vous pouvez aussi lire ici le commentaire (avant son départ pour Durban) de Jean-Charles Hourcade, spécialiste de l'économie du changement climatique qui participe à la Conférence de Durban comme membre de la délégation française.
Rio, vingt ans après : que peut-on en attendre ?
16/11/2011
Je viens de lire dans le supplément du magazine Terra Eco de novembre (pages 16 et 17) un intéressant article sur le prochain sommet de la Terre, qui se tiendra comme vous le savez sans doute à Rio de Janeiro en juin 2012. Dans la ville même où, vingt ans auparavant, s’est déroulée la première conférence des Nations Unies sur le développement durable. En 1992, l’époque était à l’optimisme et la conférence avait suscité de grands espoirs. « Cette rencontre avait donné naissance à une déclaration fondatrice, à des conventions et, dans un élan de créativité, à 2500 recommandations : les fameux ''Agendas 21’’ », précise l’article de Terra Eco. Il sera évidemment nécessaire de faire un bilan des engagements signés à l’époque. Selon le point de vue, le verre peut sembler à moitié plein (changement des mentalités, compréhension de l’urgence) ou à moitié vide (la réponse aux enjeux semble bien lointaine). L’économie verte domine dans la préparation du sommet. Les changements les plus attendus : une meilleure gestion de l’eau, une sécurité alimentaire renforcée et une énergie mieux partagée. Bien sûr, le contexte n’est pas le même qu’en 1992. « Il faudra compter avec les séquelles de la crise financière et économique, avec l’appétit et les ambitions des pays émergents dans les technologies vertes. » Il y a vingt ans, les objectfs ont été posés, il y a maintenant urgence à se donner les moyens du changement.
Les 4 ans du Grenelle de l’environnement : un bilan mitigé
02/11/2011
Le 25 octobre dernier, c’était le quatrième anniversaire du Grenelle de l’environnement. À l’occasion des tables-rondes, 268 engagements en faveur de l’environnement avaient été pris. Le Grenelle est aujourd’hui entré dans sa phase de mise en œuvre, explique-t-on sur le site du Ministère de de L’Écologie, et s’invite dans le quotidien des français « Le Grenelle a dans tous les secteurs engagé une mutation de notre société vers un modèle de développement plus durable. »
Si le gouvernement se félicite des actions mises en place et des résultats obtenus, le bilan dressé par Action Climat de France est nettement moins optimiste. L'association récapitule notamment les projets qui vont à l'encontre des paroles du gouvernement : abandon de la contribution climat énergie, exclusion des émissions indirectes du bilan de gaz à effet de serre des entreprises, absence totale de mesures significatives pour lutter contre les émissions de gaz à effet de serre de l'agriculture...
Pour vous faire une idée de ces deux constats pour le moins contrastés :
La nouvelle mouture du scénario négaWatt : pour rendre possible ce qui est souhaitable
07/10/2011
J’ai déjà eu l’occasion de vous parler de l’association négaWatt, dont les experts élaborent un scénario de transition énergétique basé sur une triple réponse : sobriété, efficacité, renouvelables. C’est par ailleurs sur ce triptyque que nous avons construit notre plan énergie.
Les experts (ingénieurs, architectes, universitaires, sociologues…) de l’association ont planché pendant plus d’un an pour réactualiser le scénario publié en 2006. La dernière mouture propose une nouvelle donne énergétique d’ici 2050.
Réduire la consommation d’énergie : sobriété et efficacité
Les watts économisés (les watts négatifs ou « négawatts ») sont le principal gisement d’énergie. Pour les experts, il s’agit d’inverser le raisonnement habituel en la matière : analyser d’abord les usages et les besoins, puis considérer les ressources nécessaires. « Une politique très volontariste de sobriété et d’efficacité énergétique, permettant de diminuer en 2050 la demande en énergie primaire de 65% par rapport à 2010 », c’est l’un des 10 points clés du scénario. Ambitieux, mais réaliste, souligne le collectif d’experts. Et sans sacrifier ni les usages, ni le confort...
Réussir la transition énergétique
Pour répondre à cette demande d’énergie réduite : faire émerger les énergies renouvelables, en s’appuyant sur leur diversité et leur complémentarité. Soit un objectif de 91% d’énergies renouvelables.
Le scénario envisage aussi l’abandon progressif du nucléaire d’ici 2033.
L'affluence qui a entouré sa présentation publique à Paris jeudi dernier montre que le scénario négaWatt dépasse les cercles de spécialistes et d'experts. Il faut dire que négaWatt est la seule association indépendante en France à produire ce travail de prospective. Une feuille de route qui devrait alimenter le débat pour la campagne présidentielle : l’association
« tient son scénario à la disposition des candidats, sans exclusivité » et compte prochainement publier un ouvrage détaillant les mesures et les politiques qui permettront de le mettre en œuvre.
La quatrième édition des Journées Parisiennes de l’Énergie et du Climat, c’est très bientôt !
04/10/2011
Très précisément le week-end prochain (samedi 8 et dimanche 9 octobre). Ces journées se dérouleront sur le parvis de l’Hôtel de Ville et dans toute la capitale.
Entre 11 et 18 heures, vous pourrez profiter des nombreuses visites gratuites et découvrir des réalisations, des initiatives et des projets, publics ou privés, qui réduisent les émissions des gaz à effet de serre. Des conseils personnalisés sur les économies d’énergie vous seront donnés par l’Agence Parisienne du Climat, que vous soyez locataires ou propriétaires. Vous verrez sur le sol une carte géante de la thermographie aérienne de Paris. Pour les enfants, des ateliers et des jeux seront proposés par les Petits Débrouillards. Vous assisterez à la démonstration d’un escalier qui récupère de l’énergie et vous vous baladerez en vélo-taxi... Bref, une belle occasion de sortie, riche en activités diverses.
Tous les renseignements et le programme détaillé sur le site de la Mairie de Paris.
Les résultats de notre troisième Bilan Carbone® confortent nos objectifs pour 2020
16/09/2011
Comme promis, je voudrais vous livrer quelques résultats de notre troisième Bilan Carbone®, dont la réalisation a été achevée en juin dernier. La méthode utilisée est celle de l’ADEME (Agence de l'Environnement et de la Maîtrise de l'Énergie).
Le premier Bilan Carbone®, réalisé en 2005, nous a permis d’identifier nos principaux postes émetteurs et de structurer nos actions. Le second bilan, en 2008, a montré une baisse de 8 % par transaction des émissions de GES avec 2 ans d’avance sur notre objectif (défini en fonction des accords de Kyoto déclinés au plan européen). Le troisième a révélé des résultats très encourageants qui nous permettent de conforter nos objectifs pour 2020.
Nous distinguons notre périmètre d’activité principal, les restaurants, et notre périmètre global qui prend en compte l’ensemble des émissions depuis la production agricole des denrées consommées jusqu’aux déplacements des clients vers les restaurants.

Sur le périmètre des restaurants, une diminution de près de 35% par transaction.
C’est ce que montre la comparaison des résultats de 2011 avec ceux de 2005. Cette baisse représente l’équivalent des émissions de 60 000 voitures en moins sur les routes ! Les actions mises en place sur les deux principaux postes d’émission (énergie et emballages) ont contribué à cette baisse :
- le Plan énergie avec le déploiement de la démarche EcoProgress™, l'utilisation d’équipements tels que les Pompes à Chaleur ou encore la couverture des consommations électriques par des certificats verts,
- les nombreuses optimisations menées sur les emballages, comme la diminution du poids et le remplacement du plastique par des matériaux renouvelables.
Sur le périmètre global, une réduction par transaction de 2%.
Toujours par rapport à 2005. Ce chiffre paraît évidemment moins spectaculaire, mais il faut savoir que les produits alimentaires, et notamment la production agricole, représentent une part très importante (80%) de nos émissions sur laquelle nous n’avons pas de prise directe. Nous voulons cependant agir sur l’ensemble de notre périmètre de responsabilité, c’est ce qui a motivé les concertations agricoles engagées en 2009 avec nos fournisseurs. Elles ont abouti à la mise en place de notre stratégie agroécologique, inscrite dans la décennie 2010-2020 qui se décline en cinq programmes d’action sur les filières blé, bœuf, poulet, pomme de terre et salade. Elle devrait nous permettre de réduire davantage les émissions du périmètre global.
La mise en œuvre du Grenelle favorable à une réduction significative des gaz à effet de serre
14/09/2011
Si les principales mesures du Grenelle de l’environnement étaient mises en œuvre, quels seraient les effets sur notre consommation d’énergie et nos émissions de gaz à effet de serre à l’horizon 2030 ? Positifs, si l’on en croit la DGEC (Direction générale de l'énergie et du climat). Celle-ci a publié en juillet dernier la synthèse d’une étude intitulée : « Scénarios Prospectifs Énergie – Climat – Air à l'horizon 2030 ». Elle a retenu deux scénarios : un premier scénario « pré-Grenelle », et un second scénario qui résulterait de l'application et de l'atteinte des objectifs des lois Grenelle.
Conclusion : le second scénario aboutit à une réduction des émissions de gaz à effet de serre de 23,1 % d'ici 2020, et de 31,9% en 2030, par rapport à 1990.
Pour ce qui est de la consommation d’énergie en France, le premier scénario fait apparaître une augmentation de la demande de 18 % en 2030 par rapport au niveau de 1990, tandis que le scénario Grenelle permettrait de la réduire de 15%.
Des conclusions encourageantes, sans aucun doute... à condition toutefois que les mesures du Grenelle soient mises en œuvre. En ce qui nous concerne, nous travaillons activement à la réduction de nos émissions de gaz à effet de serre. Je vous parlerai dans mon prochain billet des résultats de notre troisième Bilan Carbone®, encourageants eux aussi !
Un guide de L’ADEME pour les jeunes : Petites réponses à de grandes questions sur le changement climatique
28/07/2011
Encore un guide, me direz-vous ! Mais pourquoi pas ? Quand ils sont clairs et pédagogiques comme celui-ci, réalisé par l’ADEME, qui s’adresse aux jeunes (14-18 ans) mais qui peut être lu avec profit par tout le monde ! Qu’est-ce que le réchauffement planétaire, et le changement climatique ? Quelles sont les conséquences et que peut-on faire pour changer de cap ?
On trouve dans ce guide des réponses concrètes à ces questions, des explications, des chiffres-clés, des focus sur des termes parfois méconnus (comme la biomasse ou une usine de méthanisation), des exemples de ce qui marche déjà et des pistes pour l’avenir... Le guide montre aussi que chacun a un rôle à jouer à son niveau, avec des idées, des solutions, des astuces, de bons réflexes...
Le guide est téléchargeable sur le site « M ta Terre », un site spécialement conçu pour les collégiens et les lycéens créé par l’ADEME, qui fournit toutes sortes d'informations pratiques, mais aussi des pubs, des reportages et des programmes courts, parfois déjantés, souvent surprenants. Chaque mois un dossier « C chaud » est proposé, selon l’envie des internautes.
Vers une multiplication des épisodes de sécheresse d’ici la fin du XXIème siècle
22/07/2011
Je sais bien qu’il faut un effort d’imagination ces derniers jours pour se sentir menacé par la sécheresse ! Et pourtant... Le projet CLIMSEC, présenté fin juin, étudie l’impact du changement climatique sur la sécheresse et l’eau du sol en France. Et les perspectives qu’il révèle sont plutôt alarmantes.
De quoi s’agit-il ? Coordonné par Météo-France et lancé en mars 2008, le projet de recherche CLIMSEC avait pour objectif de caractériser l’impact du changement climatique sur la ressource en eau. En étudiant avec précision les périodes de grande sécheresse survenues en France depuis 50 ans, en particulier les plus intenses, en 1976, 1989 et 2003. Cet état des lieux climatique a permis aux chercheurs de bâtir des prévisions à très long terme. Les conclusions de leur rapport ont été livrées fin juin.
Les projections sont préoccupantes. Le rapport prévoit pour le milieu du siècle, vers 2050, une intensification de l'assèchement des sols agricoles sur tout le territoire de la métropole. « À partir des années 2080 des déficits pluviométriques plus forts apparaissent, notamment en été et les sécheresses du sol pourraient devenir extrêmes sur la majeure partie du territoire » et peut-être durer plusieurs années, révèle le rapport. Qui souligne l'adaptation nécessaire à l'impact du changement climatique sur les ressources en eau.
La préservation des ressources en eau est l’un des objectifs poursuivi par notre plan agroécologique et les programmes d’action engagés sur nos cinq filières d’approvisionnement. En qualité, mais aussi en quantité. Pour les pommes de terre, par exemple, nous testons dans nos fermes de référence des capteurs qui mesurent l’eau disponible dans le sol. Les agriculteurs peuvent ainsi ajuster la quantité d’eau nécessaire, notamment en période de sécheresse.
Si vous voulez regarder le reportage de France3 Midi-Pyrénées du 30 juin sur le sujet, cliquez ici.




