Faisons le point sur la viande bovine...

09/07/2012

Dans un récent commentaire, une lectrice me fait remarquer que l’on trouve dans ce blog peu d’informations sur les conditions d’élevage du bœuf, alors que cette filière tient une place importante dans nos approvisionnements. Cette remarque me semble une excellente occasion d’évoquer le sujet. Ma réponse prendra donc la forme d’un billet plus complet.

L’organisation de la filière bovine est complexe : nos fournisseurs de steaks hachés (le plus important étant McKey, dont l’usine est basée à Fleury-les-Aubrais près d’Orléans) s'approvisionnent en viande auprès d'abattoirs - ateliers de découpe qui eux-mêmes sont en lien avec les éleveurs, souvent par l’intermédiaire de coopératives, de groupements de producteurs ou de négociants. C’est donc une filière particulière, avec un cycle long et de nombreux intervenants. La viande bovine pour les steaks hachés de McDonald’s en France provient pour plus de la moitié d’élevages français. Le volume restant provient des Pays-Bas, d'Irlande et d’Italie, et nos fournisseurs ont les mêmes exigences en termes de cahier des charges et de contrôles de leurs propres fournisseurs quelle que soit l’origine.

Des types d’animaux très diversifiés: pour fabriquer les steaks hachés on ne sélectionne qu’une partie de l’animal. Ce sont les muscles principalement issus de la partie avant (ceux utilisés traditionnellement pour le bourguignon ou le pot-au-feu). Tous les types de races (laitières, mixtes et allaitantes) et de catégories d’animaux (à l’exception des veaux et des taureaux) entrent dans nos approvisionnements.

Voilà pourquoi il n’est pas facile de répondre simplement à la question des conditions d’élevage : elles sont différentes selon la provenance des animaux, le type d’élevage, les bassins de production, les saisons... Voilà aussi pourquoi McDonald’s ne peut pas être directement prescripteur du mode d'élevage.

Notre fournisseur McKey promeut la Charte des bonnes pratiques d’élevage, appliquée par de nombreux éleveurs français. Les éleveurs s’engagent notamment à assurer aux animaux de bonnes conditions de vie, à leur éviter stress et blessures, à leur garantir une alimentation saine, équilibrée et suivie...

Dans le cadre de notre stratégie agroécologique, nous avons réalisé avec notre principal fournisseur en 2011 une analyse de cycle de vie de notre steak haché. Cette étude a permis de mesurer les impacts environnementaux liés à la filière bovine depuis le champ jusqu'au restaurant et surtout d'identifier des solutions possibles pour réduire ces impacts. Les résultats obtenus montrent que les leviers d'action existent. Nous sommes en train de mettre en place un réseau de fermes de référence dont je vous ai déjà parlé. Dans la filière bœuf, des éleveurs volontaires vont tester ces leviers d'action autour de quatre objectifs : diminuer nos émissions de GES, limiter nos impacts sur la ressource en eau, contribuer au maintien de la biodiversité et respecter le bien-être animal.

Pour conclure, une question qui revient souvent : pourquoi notre viande de bœuf n’est-elle pas 100% française ? La filière bovine française représente aujourd’hui 52% de notre approvisionnement. Pour des raisons tenant aux volumes dont nous avons besoin nous avons été amenés à diversifier les approvisionnements en incluant les Pays-Bas, l’Irlande et l’Italie, mais toujours selon les même standards de qualité exigeants. Nous continuons à développer des partenariats avec la filière bovine française et avons plusieurs schémas de contractualisation en test en France. L’objectif de la contractualisation est d’assurer nos approvisionnements tout en permettant à l’éleveur d’avoir un débouché et une vision à moyen et long terme en maîtrisant son coût de production.

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Inauguration d’une nouvelle ferme de référence ouverte au public

14/06/2012

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Je vous ai parlé en octobre dernier de l’inauguration de la première ferme de référence, près d’Arras, dédiée à la pomme de terre. Le 30 mai, la seconde ferme de référence a été inaugurée à son tour, cette fois-ci sur la filière blé.

Il s’agit de la ferme de Christophe Guerton, dans le Loiret. Une partie de l’exploitation est située dans la zone Natura 2000 de la vallée de l’Essonne et des vallons voisins. Cette ferme familiale produit entre autre du blé de force (le tiers de sa production) pour la filière McDonald’s France.

Sous un beau soleil, les invités (équipes de McDonald’s France et franchisés) ont suivi le parcours de visite, jalonné de panneaux explicatifs sur la culture du blé de force, le local de stockage des produits phytosanitaires, le matériel, la zone de tri des déchets, le stockage après récolte et la transformation (du blé aux petits pains). Des représentants des différents acteurs de la filière sont intervenus : la coopérative de Boisseaux, les Grands Moulins de Paris et East Balt France, notre fournisseur de petits pains.

Plusieurs pratiques destinées à préserver la biodiversité sont en test dans cette ferme comme la plantation d’essences locales rares (alisier ou cormier par exemple) ou l’installation de nichoirs à abeilles. Pour ce qui est des pratiques sur la culture du blé de force, on expérimente ici l’apport localisé d’engrais phosphaté et des inter-cultures destinées à limiter l’érosion et piéger les nitrates. Christophe Guerton nous a aussi expliqué ce qui est mis en place depuis plusieurs années pour limiter l’utilisation des produits phytosanitaires en s’appuyant sur des outils d’aide à la décision qui permettent de savoir s’il faut traiter, comment et quand... Et également pour réduire les consommations d’énergie liées au matériel utilisé, pour trier les déchets et limiter les risques de pollution de l’eau au moment du remplissage et du rinçage des pulvérisateurs.

La ferme de Christophe Guerton, comme celle de Ghislain Leprince (pommes de terre) s’ouvrira petit-à-petit au public. Nous travaillons actuellement sur un programme annuel de visites qui s’adressera à la fois au public interne et au public externe de McDonald’s et permettra d’accueillir progressivement de plus en plus de visiteurs.

Depuis 2010, notre stratégie agroécologique se décline en programmes d’actions sur chacune de nos 5 principales filières d’approvisionnement. Un réseau de fermes de référence réparties sur différents bassins d’approvisionnement a été mis en place. Des agriculteurs et éleveurs volontaires y expérimentent actuellement plus de 50 pratiques environnementales innovantes. Ces pratiques sont mesurées et évaluées grâce à des indicateurs agro-environnementaux et des indicateurs économiques. Les plus efficaces seront progressivement proposées aux autres producteurs. Pour faire découvrir la démarche, nous avons choisi d’ouvrir au public une ferme de référence dans chaque filière.

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Réduire l’usage des produits phytosanitaires : un objectif de notre stratégie agroécologique

06/04/2012

L’usage des pesticides en agriculture est un sujet qui occupe l’actualité environnementale ces derniers temps. Je cite pêle-mêle quelques-unes de ces actualités.

Tout récemment (du 20 au 30 mars) s’est tenue la Semaine pour les alternatives aux pesticides : 700 évènements ont été organisés principalement en France mais aussi dans 21 autres pays pour informer sur les pesticides et promouvoir les alternatives.

Une enquête réalisée par l'UFC-Que choisir et rendue publique au lendemain du Forum Mondial de l’eau à Marseille révèle que, si 97,5% des Français ont accès tout au long de l’année à une eau de bonne qualité, le coût de la dépollution de l'eau due aux pratiques agricoles, et facturé aux consommateurs, est très élevé.

Selon un sondage CSA pour France nature environnement, publié fin février, trois Français sur quatre sont inquiets de possibles traces de pesticides dans l'alimentation.

Le 17 avril, en deuxième partie de soirée sur France 2, sera diffusé un documentaire, « La mort est dans le pré » sur les agriculteurs malades des pesticides.

Rencontre avec Eric Guéret réalisateur du film, lors du congrès pesticides et santé au palais du Luxembourg les 23-24 mars 2012.

Vers des pratiques agricoles plus respectueuses de l’environnement

Diminuer le recours aux produits phytosanitaires, tels que les pesticides, les herbicides et fongicides, est un objectif de notre stratégie agroécologique. Nous avons choisi de travailler dans ce sens avec nos principaux fournisseurs. Des solutions sont expérimentées dans notre réseau de fermes et de parcelles de références, afin notamment de limiter l’impact des cultures sur la ressource en eau et de préserver la biodiversité.

Le sujet est bien sûr complexe puisqu'il s'agit de repenser globalement les itinéraires techniques des cultures et d'identifier les pratiques respectueuses de l'environnement qui satisferont les rendements et la viabilité économique des exploitations. Même si cela n'est pas facile, nous ne devons cependant pas baisser les bras et les gouvernements, les services de l'État et les entreprises comme la nôtre peuvent/doivent accompagner les agriculteurs dans leur démarche. Des solutions éprouvées ou en test existent : produits alternatifs, outils d'aide à la décision, désherbage mécanique, matériel de précision... Des innovations verront sans doute le jour dans les années qui viennent. Combinées entre elles et adaptées aux conditions locales, elles devraient conduire à une réduction efficace de l'utilisation de produits phytosanitaires.

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Notre Journal du Développement Durable est en ligne !

12/03/2012

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Sorti à l’occasion du Salon de l’Agriculture, notre Journal du Développement Durable est dès à présent disponible en ligne, à feuilleter ici dans sa version électronique. Vous pouvez aussi le télécharger si vous le souhaitez.

Depuis l’année dernière, notre rapport environnemental, l’EcoJournal® a changé de nom et de forme pour devenir «Le Journal du Développement Durable». En complément des avancées de notre stratégie environnementale, ce rapport annuel traite de nos actions, pour l’année 2011, dans l’ensemble de nos domaines de responsabilité : qualité, nutrition, social, environnement et gouvernance. Nous y rapportons les objectifs que nous poursuivons, nos progrès, mais aussi nos difficultés et leurs causes.

Vous êtes nombreux, notamment les étudiants, à me demander régulièrement des informations sur notre démarche et nos actions. Ce Journal est une source d’information complète, et, je le rappelle, vérifiée. Il contient de nombreux articles, témoignages et interviews qui rendent sa lecture agréable, c’est du moins ce que nous souhaitons. À lire sans modération ! Et n’hésitez pas à me faire part des remarques et suggestions qu’il vous inspirera !

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Retour sur le Salon de l’Agriculture 2012

09/03/2012

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L'espace réservé aux rendez-vous professionnels

Le Salon de l'agriculture a donc fermé ses portes dimanche 4 mars. Pendant dix jours nos équipes environnement et développement durable, achats-qualité-logistique, relations publiques et nos fournisseurs y ont accueilli les visiteurs. Il est temps maintenant de vous faire un retour sur le salon.

Pas de Big Mac au salon ?!?

Ceci pour le clin d’œil : il n'est pas rare que l'on vienne nous demander si on peut se restaurer sur notre stand ! Lorsqu'on explique que nous ne faisons pas de restauration, les gens paraissent surpris. Notre présence au salon de l'Agriculture ne va donc pas encore tout-à-fait de soi, bien qu’elle dure depuis 12 ans... Qu’à cela ne tienne, c’est l’occasion d’expliquer au public l'origine majoritairement française de nos produits et l'organisation de nos filières d'approvisionnement.

Des rendez-vous toujours plus nombreux sur le stand

Le stand n’est pas seulement un lieu d’information et de découverte, c’est aussi une occasion de rendez-vous. De ce point de vue, cette année a connu une forte affluence, avec une majorité de professionnels (coopératives, agriculteurs, éleveurs...), mais aussi des journalistes (presse régionale et spécialisée, radios) et des institutionnels (représentants de ministères et d’associations, élus locaux...).

Bien entendu, tous ces entretiens avaient essentiellement pour thème l’agriculture et les raisons de notre présence au Salon, mais nous avons aussi parlé d’environnement, de sécurité alimentaire, de qualité nutritionnelle, envisagé des collaborations ou des partenariats à créer, renouveler, prolonger... Il y aura donc une suite donnée à beaucoup de ces rendez-vous !

Un thème dominant : la contractualisation

Bon nombre d’entretiens se sont orientés sur cette question. Une semaine avant l’ouverture du Salon, nous avons en effet annoncé la première contractualisation pluriannuelle sur un prix ferme et garanti, avec tous nos partenaires de la filière blé : coopératives, meuniers et notre fournisseur East Balt France. Cet accord porte sur 8 500 tonnes de blé achetées par an, à un prix ferme, sur 3 ans renouvelables, à partir de la récolte 2012. Cela représente 25% de nos besoins annuels destinés la production de petits pains. Une première dans le secteur du blé en France, qui permet aux producteurs de s’affranchir des fluctuations du marché.

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Salon de l’Agriculture, jour 6

01/03/2012

J’ai rencontré aujourd’hui Augustin Favereau, conseiller pour les questions européennes et internationales au cabinet de Bruno Le Maire, ministre de l’Agriculture. Nous avons ensemble fait le point sur les actions de McDonald’s France dans un certain nombre de domaines.

En ce qui concerne l’agriculture, nous avons évoqué par exemple le fait que nos approvisionnements sont majoritairement français. Plus de 70% des produits alimentaires disponibles en restaurant ont été fabriqués en France. En 2011, nos cinq principaux fournisseurs ont utilisé au total plus de 220 000 tonnes de matières premières agricoles françaises (blé, viandes de bœuf et de poulet, pommes de terre et salades). C’est ce qui fait de notre enseigne un acteur majeur du monde agricole français.

Nous avons également parlé de la certification HVE (Haute Valeur Environnementale) des exploitations agricoles, qui a été mise en place par le gouvernement fin 2011. Cette certification volontaire vise à déterminer un intermédiaire entre l’agriculture conventionnelle et l’agriculture biologique. Elle permettra aussi aux consommateurs d’identifier les produits agricoles cultivés selon des pratiques respectueuses de l’environnement. Nous sommes intéressés par ce sujet dans la mesure où notre stratégie agroécologique et la certification HVE vont dans le même sens et rejoignent les mêmes préoccupations environnementales : gestion des produits phytosanitaires, de la fertilisation et de la ressource en eau, biodiversité... Certains indicateurs mis en œuvre pour suivre les pratiques testées dans nos fermes de référence correspondent à ceux définis dans le cadre de la certification. Ces agriculteurs pourraient donc prétendre à la certification HVE s’ils le souhaitaient. Regrettons peut-être que, comme le soulignent de nombreux acteurs (ONG, agriculteurs, syndicats..), la certification HVE ne s’accompagne pas d’une incitation financière qui pourrait motiver les exploitants, compte tenu de la situation économique fragile du secteur agricole.

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