La nouvelle mouture du scénario négaWatt : pour rendre possible ce qui est souhaitable

07/10/2011

J’ai déjà eu l’occasion de vous parler de l’association négaWatt, dont les experts élaborent un scénario de transition énergétique basé sur une triple réponse : sobriété, efficacité, renouvelables. C’est par ailleurs sur ce triptyque que nous avons construit notre plan énergie.

Les experts (ingénieurs, architectes, universitaires, sociologues…) de l’association ont planché pendant plus d’un an pour réactualiser le scénario publié en 2006. La dernière mouture propose une nouvelle donne énergétique d’ici 2050.

Réduire la consommation d’énergie : sobriété et efficacité

Les watts économisés (les watts négatifs ou « négawatts ») sont le principal gisement d’énergie. Pour les experts, il s’agit d’inverser le raisonnement habituel en la matière : analyser d’abord les usages et les besoins, puis considérer les ressources nécessaires. « Une politique très volontariste de sobriété et d’efficacité énergétique, permettant de diminuer en 2050 la demande en énergie primaire de 65% par rapport à 2010 », c’est l’un des 10 points clés du scénario. Ambitieux, mais réaliste, souligne le collectif d’experts. Et sans sacrifier ni les usages, ni le confort...

Réussir la transition énergétique

Pour répondre à cette demande d’énergie réduite : faire émerger les énergies renouvelables, en s’appuyant sur leur diversité et leur complémentarité. Soit un objectif de 91% d’énergies renouvelables.
Le scénario envisage aussi l’abandon progressif du nucléaire d’ici 2033.

L'affluence qui a entouré sa présentation publique à Paris jeudi dernier montre que le scénario négaWatt dépasse les cercles de spécialistes et d'experts. Il faut dire que négaWatt est la seule association indépendante en France à produire ce travail de prospective. Une feuille de route qui devrait alimenter le débat pour la campagne présidentielle : l’association
« tient son scénario à la disposition des candidats, sans exclusivité » et compte prochainement publier un ouvrage détaillant les mesures et les politiques qui permettront de le mettre en œuvre.

Plus d’information sur le site de négaWatt.

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La quatrième édition des Journées Parisiennes de l’Énergie et du Climat, c’est très bientôt !

04/10/2011

Très précisément le week-end prochain (samedi 8 et dimanche 9 octobre). Ces journées se dérouleront sur le parvis de l’Hôtel de Ville et dans toute la capitale.

Entre 11 et 18 heures, vous pourrez profiter des nombreuses visites gratuites et découvrir des réalisations, des initiatives et des projets, publics ou privés, qui réduisent les émissions des gaz à effet de serre. Des conseils personnalisés sur les économies d’énergie vous seront donnés par l’Agence Parisienne du Climat, que vous soyez locataires ou propriétaires. Vous verrez sur le sol une carte géante de la thermographie aérienne de Paris. Pour les enfants, des ateliers et des jeux seront proposés par les Petits Débrouillards. Vous assisterez à la démonstration d’un escalier qui récupère de l’énergie et vous vous baladerez en vélo-taxi... Bref, une belle occasion de sortie, riche en activités diverses.

Tous les renseignements et le programme détaillé sur le site de la Mairie de Paris.

 

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Les résultats de notre troisième Bilan Carbone® confortent nos objectifs pour 2020

16/09/2011

Comme promis, je voudrais vous livrer quelques résultats de notre troisième Bilan Carbone®, dont la réalisation a été achevée en juin dernier. La méthode utilisée est celle de l’ADEME (Agence de l'Environnement et de la Maîtrise de l'Énergie).

Le premier Bilan Carbone®, réalisé en 2005, nous a permis d’identifier nos principaux postes émetteurs et de structurer nos actions. Le second bilan, en 2008, a montré une baisse de 8 % par transaction des émissions de GES avec 2 ans d’avance sur notre objectif (défini en fonction des accords de Kyoto déclinés au plan européen). Le troisième a révélé des résultats très encourageants qui nous permettent de conforter nos objectifs pour 2020.

Nous distinguons notre périmètre d’activité principal, les restaurants, et notre périmètre global qui prend en compte l’ensemble des émissions depuis la production agricole des denrées consommées jusqu’aux déplacements des clients vers les restaurants.

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Sur le périmètre des restaurants, une diminution de près de 35% par transaction.

C’est ce que montre la comparaison des résultats de 2011 avec ceux de 2005. Cette baisse représente l’équivalent des émissions de 60 000 voitures en moins sur les routes ! Les actions mises en place sur les deux principaux postes d’émission (énergie et emballages) ont contribué à cette baisse :

- le Plan énergie avec le déploiement de la démarche EcoProgress™, l'utilisation d’équipements tels que les Pompes à Chaleur ou encore la couverture des consommations électriques par des certificats verts,

- les nombreuses optimisations menées sur les emballages, comme la diminution du poids et le remplacement du plastique par des matériaux renouvelables.

Sur le périmètre global, une réduction par transaction de 2%.

Toujours par rapport à 2005. Ce chiffre paraît évidemment moins spectaculaire, mais il faut savoir que les produits alimentaires, et notamment la production agricole, représentent une part très importante (80%) de nos émissions sur laquelle nous n’avons pas de prise directe. Nous voulons cependant agir sur l’ensemble de notre périmètre de responsabilité, c’est ce qui a motivé les concertations agricoles engagées en 2009 avec nos fournisseurs. Elles ont abouti à la mise en place de notre stratégie agroécologique, inscrite dans la décennie 2010-2020 qui se décline en cinq programmes d’action sur les filières blé, bœuf, poulet, pomme de terre et salade. Elle devrait nous permettre de réduire davantage les émissions du périmètre global.

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La mise en œuvre du Grenelle favorable à une réduction significative des gaz à effet de serre

14/09/2011

Si les principales mesures du Grenelle de l’environnement étaient mises en œuvre, quels seraient les effets sur notre consommation d’énergie et nos émissions de gaz à effet de serre à l’horizon 2030 ? Positifs, si l’on en croit la DGEC (Direction générale de l'énergie et du climat). Celle-ci a publié en juillet dernier la synthèse d’une étude intitulée : « Scénarios Prospectifs Énergie – Climat – Air à l'horizon 2030 ». Elle a retenu deux scénarios : un premier scénario « pré-Grenelle », et un second scénario qui résulterait de l'application et de l'atteinte des objectifs des lois Grenelle.

Conclusion : le second scénario aboutit à une réduction des émissions de gaz à effet de serre de 23,1 % d'ici 2020, et de 31,9% en 2030, par rapport à 1990.

Pour ce qui est de la consommation d’énergie en France, le premier scénario fait apparaître une augmentation de la demande de 18 % en 2030 par rapport au niveau de 1990, tandis que le scénario Grenelle permettrait de la réduire de 15%.

Des conclusions encourageantes, sans aucun doute... à condition toutefois que les mesures du Grenelle soient mises en œuvre. En ce qui nous concerne, nous travaillons activement à la réduction de nos émissions de gaz à effet de serre. Je vous parlerai dans mon prochain billet des résultats de notre troisième Bilan Carbone®, encourageants eux aussi !

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Une nouvelle donne énergétique, c’est possible

17/06/2011

Certains d’entre vous connaissent sans doute déjà la vidéo réalisée par Greenpeace France sur la nécessité d’une transition énergétique.

« Climat en crise, marée noire dans le golfe du Mexique, accident nucléaire au Japon…. il apparaît aujourd’hui de plus en plus évident que l’avenir énergétique du monde doit se construire en rupture avec les modes de production et de consommation énergétiques du passé. »

Ce court film (un peu plus de 3 minutes) explique de façon très claire qu’il est possible de sortir de l’impasse énergétique en 40 ans, sans qu’il soit nécessaire de revenir à la bougie ou de tout changer d’un coup. La transition énergétique repose sur le triptyque développé par l’association NégaWatt :

- sobriété énergétique (consommer moins)

- efficacité énergétique (consommer mieux)

- développer les énergies renouvelables.

Nous nous sommes inspirés entre autres de ce triptyque pour bâtir notre plan énergie sur trois piliers : réduire les consommations énergie de nos restaurants, accroître l’efficacité énergétique des équipements et encourager le développement des énergies renouvelables via l'achat de certificats verts.

Je précise toutefois que ce film reflète la position de Greenpeace et que nous ne souscrivons pas nécessairement à l’intégralité de l’analyse qui y est exprimée. Mais je pense qu’il est important de relayer le message essentiel : la nécessité d’une prise de conscience et d’une action collective.

Pour en savoir plus et visionner la vidéo.

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Gaz de schiste : le «c’est non, mais...» de la loi après une mobilisation citoyenne exemplaire

10/06/2011

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La proposition de loi interdisant la technique de la fracturation hydraulique pour explorer les gaz de schistes vient d’être adoptée en première lecture, hier, par le Sénat. C’est la conclusion en demi-teinte de la mobilisation citoyenne aussi fulgurante qu’exemplaire qui dure depuis plusieurs mois. Pourquoi en demi-teinte ? Parce que la proposition de loi récuse simplement la fracturation hydraulique comme mode d'extraction, mais laisse la porte ouverte à d’autres procédés. Le texte initial visait à annuler les permis de recherche déjà accordés. Le texte adopté par le Sénat donne aux compagnies concernées un délai de deux mois pour présenter d'éventuelles nouvelles solutions techniques qui permettraient d'exploiter ces gaz de schiste tout en respectant l'environnement. C‘est seulement après ce délai, si aucune solution technique "propre" n'est proposée, que les permis seront annulés. La loi semble donc légaliser la pratique sous couvert de recherche scientifique. Exit également les concertations et débats publics prévus à l’origine. Voilà qui ne risque pas de freiner l’élan des opposants...

C’est pourtant un sentiment d’urgence, une mobilisation particulièrement réactive et une certaine unité politique qui ont prévalu jusqu’à maintenant sur ce dossier. Le phénomène est assez inédit, c’est même du jamais vu ! Je viens de lire un article très intéressant dans le Monde diplomatique de juin (page 23) sur ce sujet. Tout a commencé en toute discrétion il y a un an avec l’ouverture à la prospection d’une zone importante dans le sud de la France. Qui s’est faite sans concertation, sans étude d’impact ni enquête publique. Petit à petit les habitants des régions concernées ont découvert les sites québécois et américains qui alertent sur les incidents, et le fameux film « Gasland » (l’image de l’eau qui s’enflamme quand allume un briquet sous le robinet a de quoi marquer les esprits !). Les réunions publiques se sont multipliées, les collectifs se sont créés (environ quatre-vingt). Ils fonctionnent de manière autonome et sont regroupés en coordination nationale. Un engagement citoyen, soutenu par des partis politiques de tous bords, qui a permis une prise de conscience générale rapide sur les risques environnementaux de la fracturation hydraulique. Au final, une trentaine de sites et de blogs contre le gaz et le pétrole de schiste. Et cette mobilisation avait porté ses fruits. Le texte finalement adopté n’est pas à la hauteur des attentes, la mobilisation va sans aucun doute se poursuivre.

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