Un continent de plastique dans le pacifique Nord

07/08/2012

C’est une immense plaque de déchets, grande comme six fois la France qui flotte dans le nord du Pacifique, quelque part entre Hawaï et la Californie. Sous l'effet de gigantesques tourbillons d’eau, les gyres océaniques, des millions de tonnes de plastique sont charriées et « piégées » au centre de la spirale, s’y agglutinent et n’en sortent jamais. On parle souvent de « septième continent » pour marquer les esprits, mais il ne faut pas s’imaginer un amas compact sur lequel on pourrait marcher. En réalité, cela ressemble plutôt à une énorme « soupe de plastique », constituée de quelques macro déchets mais surtout de tout petits fragments de la taille d'un confetti, qui se confondent avec le plancton. Cette soupe immonde est ingérée par les poissons, oiseaux et autres organismes marins, provoquant blessures et étouffements. On imagine sans mal les dégâts sur les écosystèmes de ce banquet toxique...

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Cette plaque, découverte par hasard par le navigateur Charles Moore en 1997, est la plus importante. Mais elle n’est pas la seule, hélas. On retrouve le même phénomène de détritus aspirés par les gyres dans cinq grands bassins océaniques, au sein du Pacifique Nord, mais aussi du Pacifique Sud, de l'Atlantique Nord et Sud et de l'océan Indien. Le problème est qu’une cartographie précise est très difficile à établir. Ces « îles » n’apparaissent pas sur les photos aériennes ou les images satellite. Elles sont peu visibles de loin, mais quand on puise dans l'eau, on remonte une quantité impressionnante de petits fragments de plastique. De plus, peu de navires de pêche ou de plaisance croisent dans ces gyres. Du coup, ces continents ne cessent de grandir dans une indifférence quasi générale. Une étude de l'université de Californie à San Diego, publiée le 9 mai montre que la concentration de microplastiques a été multipliée par cent au cours des quarante dernières années dans le gyre subtropical du Pacifique nord.

Ce plastique, d’où vient-il ?

Sur les 260 millions de tonnes de plastique produits chaque année dans le monde, on estime que 10% finissent dans les océans. Le plastique constitue 89% de tous les déchets solides qui polluent les mers. Et l’essentiel de cette pollution (jusqu’à 80%) vient de la terre, emporté par le vent et les rivières. Ceci pour éviter de se dédouaner en accusant les bateaux de pêche ou de commerce ! Nous sommes bien tous concernés.

Mais que faire de ces poubelles flottantes ?

Une solution un peu provocatrice vient d’un cabinet d’architectes néerlandais : transformer le plastique récupéré dans l’océan pour en faire une île artificielle « Recycled Island ». Ce qui permettrait d’accueillir les réfugiés climatiques...

Le nettoyage de ces zones semble insurmontable pour de nombreuses raisons, aussi bien techniques que financières ou politiques (une grande partie de ces zones se trouve hors des eaux nationales et aucun état ne veut assumer la responsabilité ni le coût). On peut toujours tenter de ne pas faire plus de mal... Réduire la quantité de déchets, tenter de les transformer en ressources, rechercher d'autres alternatives, comme des plastiques biodégradables ou compostables. Et concentrer les efforts sur le nettoyage des canaux et des rivières qui débouchent dans les océans. Et en étant, chacun de nous, vigilants sur l’élimination des plastiques, en particulier au bord de la mer...

Si le sujet vous intéresse, un article complet sur LeMonde.fr

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Le restaurant McDonald’s de Revel, premier restaurant en France certifié HQE™ Construction

29/06/2012

C’est une première en France pour un bâtiment du secteur de la restauration : le restaurant McDonald’s de Revel, en Haute-Garonne, a reçu en mai dernier la certification NF Bâtiments Tertiaires-Démarche HQE (Haute qualité environnementale) pour la Construction. Elle est délivrée par Certivea, filiale du Centre scientifique et technique du bâtiment, qui valide ainsi la réduction des impacts environnementaux de l’ensemble du projet en prenant en compte les différentes étapes de la vie du bâtiment et de ses utilisateurs. Le restaurant a donc été conçu selon un cahier des charges particulièrement exigeant, y compris dans le choix des matériaux et des procédés de construction ou la gestion du chantier.

La consommation en eau du bâtiment est réduite de moitié par rapport à un bâtiment standard, grâce à des urinoirs « secs » et des récupérateurs d’eau de pluie (voir mon récent billet sur le sujet).

Côté énergie, les panneaux photovoltaïques installés sur le toit du restaurant couvriront 60% des besoins de l’éclairage, intérieur et extérieur. Les équipements de chauffage et de climatisation des locaux par air pulsé utilisent des pompes à chaleurs hautement performantes. Tout l’éclairage est équipé d’ampoules basse consommation ou de LEDs fonctionnant selon la luminosité extérieure.

Pour préserver la biodiversité, c’est une végétation locale, non invasive, non allergène et accueillante pour la faune qui a été plantée sur les voies, les parkings et les terrasses. Des fossés de réinjection pour les eaux pluviales dans les nappes phréatiques ont été creusés, et aménagés en zones de biodiversité protégée.

La qualité sanitaire de l’air intérieur a fait l’objet d’une attention particulière et un bilan électromagnétique complet a démontré que les normes et recommandations usuelles sont largement respectées.

Cette certification récompense les efforts conjugués du franchisé et de notre  département Construction nationale. C’était un réel défi technique, car il s’agissait de se calquer sur un référentiel « générique » qui n’était pas initialement adapté à notre secteur d’activité. Elle constituera une feuille de route pour nos futurs restaurants.

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Bien gérer l’eau dans les restaurants

06/06/2012

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Robinet avec mousseur                         Urinoir sans eau

Une lettre récente de l’un de nos clients m’interrogeant à propos de la gestion de l’eau dans les restaurants m’a fait prendre conscience que cette question n’a pas été abordée dans ce blog depuis un certain temps... Sans doute parce que les actions mises en place sur ce plan l’ont été voici déjà plusieurs années, avec une progression graduelle et régulière qui ne fait pas l’objet d’actualités à proprement parler. Il n’en reste pas moins vrai que la bonne maîtrise de la ressource en eau dans les restaurants tient une place importante dans notre démarche environnementale. Je saisis donc l’occasion de faire un point sur cette question !

Une remarque préalable : la consommation d’eau dans les restaurants concerne majoritairement les sanitaires et le nettoyage des espaces extérieurs : on utilise peu d’eau de process en cuisine. Le second poste important est la fabrication de boissons, sur lequel il est difficile d’intervenir. Voilà pourquoi nous concentrons nos efforts sur les sanitaires et les extérieurs. Nous poursuivons deux objectifs.

Premier objectif : économiser l’eau

Les urinoirs sans eau : ils permettent, pour chaque restaurant équipé, d’économiser chaque année 150 à 200 m3 d’eau, soit l’équivalent de la consommation annuelle d’une famille de 4 personnes. Aujourd’hui, un peu plus de 600 restaurants sont équipés de ces urinoirs sans eau.

Les produits de robinetterie limitant les quantités d’eau :
les « mousseurs », qui s’adaptent facilement sur les robinets, permettent d’économiser 30 à 35% de la quantité d’eau consommée. Cette solution est systématiquement adoptée pour toutes les ouvertures de restaurants et pour toutes les rénovations. Dans de nombreux cas, les robinets combinent mousseurs et détecteurs de mouvements.

L’application de bonnes pratiques mises en place dans le cadre de notre dispositif de déploiement environnemental EcoProgress™ : il s'agit entre autres de vérifier régulièrement le débit des robinets, d'identifier le plus vite possible d’éventuelles fuites grâce à un relevé hebdomadaire des consommations, et de maintenir le bon fonctionnement des canalisations et des robinets dans le cadre de l’entretien des bâtiments.

Deuxième objectif : limiter le recours à l’eau potable quand elle n’est pas nécessaire

Les récupérateurs d’eau de pluie : depuis la clarification en 2009 de la réglementation en la matière, l’utilisation des eaux de pluie peut être élargie à l’alimentation des chasses d’eau des sanitaires (en complément de l’arrosage et du nettoyage des extérieurs). Un récupérateur permet de couvrir de 70 à 75 % des besoins annuels en « eaux techniques ». Pour l’instant, cet équipement concerne une cinquantaine de restaurants. Dans les régions où la pluviométrie est suffisante, il est systématique pour toutes les ouvertures de restaurant et nous le proposons à nos franchisés qui procèdent à une rénovation. Ce système, bien sûr, ne peut se concevoir dans les restaurants situés en centre-ville ou dans des centres commerciaux.

À propos de l’arrosage des espaces verts : dans le cadre du programme de rénovation « Full Image », l’aménagement des espaces extérieurs est conçu pour un apport minimal en eau (éléments minéraux privilégiés, plantes peu gourmandes en eau...), de façon à éliminer l’arrosage, l’eau de pluie étant suffisante. Les restaurants qui procèdent encore à un arrosage privilégient le goutte à goutte et n’arrosent pas pendant les heures d’ensoleillement.

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À Marseille, le futur de l’eau vaut bien deux forums

14/03/2012

ForumMondialEau.jpgLe Forum mondial de l'eau se tient tous les trois ans et rassemble de nombreux acteurs autour des questions de l'eau et de l'assainissement. Après Mexico (2006) et Istanbul (2009) c’est à Marseille que se déroule en ce moment le 6ème Forum mondial de l'eau, du 12 au 17 mars 2012 précisément, avec pour slogan « Le temps des solutions ». L’événement est organisé par le gouvernement français, la ville de Marseille et le Conseil mondial de l’eau, une association dirigée par le président d’une filiale de Veolia, l’un des deux leaders mondiaux des services à l’environnement.

Plus d’informations sur le 6ème Forum Mondial de l’eau.

L’évènement est cependant loin de faire l’unanimité et suscite quelques remous. Sa légitimité est mise en cause par de nombreuses ONG : le Conseil Mondial de l’eau n’est pas une organisation de l’ONU, mais rassemble des institutions privées accusées de considérer « l’eau comme une marchandise », tandis que les ONG défendent l’idée d’une gestion publique et collective de l'eau. Les critiques pointent aussi son budget important financé en grande partie par des fonds publics et la participation qui semble ne pas être à la hauteur de ce qui était annoncé par les organisateurs. Enfin, même si des engagements politiques sont attendus, ils ne seront pas contraignants.

ForumAlternatifEau.jpgToutes ces raisons ont motivé l’organisation parallèle du Forum alternatif mondial de l’eau (FAME), qui réunit des ONG et des acteurs de la société civile et qui se tient également à Marseille en parallèle (du 14 au 17 mars). Ses organisateurs considèrent que les réponses que pourrait apporter le forum « officiel » seront insuffisantes et ne prendront pas la mesure des deux milliards d’êtres humains qui n’ont pas accès à l’eau salubre, et des millions personnes qui meurent des suites que cela entraine. Ce forum alternatif est aussi l'occasion de rappeler que « l'or bleu n'a pas de prix », n'est pas une marchandise mais le bien commun de l’humanité et du vivant...

Plus d’informations sur le Forum Alternatif Mondial de l’Eau.

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Notre Journal du Développement Durable est en ligne !

12/03/2012

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Sorti à l’occasion du Salon de l’Agriculture, notre Journal du Développement Durable est dès à présent disponible en ligne, à feuilleter ici dans sa version électronique. Vous pouvez aussi le télécharger si vous le souhaitez.

Depuis l’année dernière, notre rapport environnemental, l’EcoJournal® a changé de nom et de forme pour devenir «Le Journal du Développement Durable». En complément des avancées de notre stratégie environnementale, ce rapport annuel traite de nos actions, pour l’année 2011, dans l’ensemble de nos domaines de responsabilité : qualité, nutrition, social, environnement et gouvernance. Nous y rapportons les objectifs que nous poursuivons, nos progrès, mais aussi nos difficultés et leurs causes.

Vous êtes nombreux, notamment les étudiants, à me demander régulièrement des informations sur notre démarche et nos actions. Ce Journal est une source d’information complète, et, je le rappelle, vérifiée. Il contient de nombreux articles, témoignages et interviews qui rendent sa lecture agréable, c’est du moins ce que nous souhaitons. À lire sans modération ! Et n’hésitez pas à me faire part des remarques et suggestions qu’il vous inspirera !

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La campagne du mois : sensibiliser à la conservation des océans

06/03/2012

Dans le cadre de la rubrique « La campagne du mois », je vous propose ce mois-ci « Sous la mer » créé pour Greenpeace par l’agence suisse Draftfcb/Lowe Group GmbH.

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« Le plus grand prodige de la mer est qu’elle soit toujours vivante ».

Il s’agit d’une campagne de sensibilisation à la conservation des océans qui comprend d’autres visuels : Bateau, Cachette, et Monstre.

La mission essentielle de Greenpeace est de travailler sur des enjeux globaux (climat, énergie, biodiversité, etc.) qui peuvent avoir un impact direct ou indirect pour chaque habitant de notre planète. Cette campagne de conservation des océans met en lumière une problématique fondamentale pour l'association : nos océans sont devenus une décharge à ciel ouvert, les pollutions dues à nos activités achèvent de faire de nos mers et océans une gigantesque poubelle. Certaines sont imputables au passage des pétroliers et des chimiquiers ou aux plates-formes pétrolières. Mais 80% des polluants retrouvés dans les mers et les océans proviennent de nos activités à terre. Pour agir, réagir, se mobiliser, s'informer: le site de Greenpeace.

Cette sélection de créations publicitaires au service des causes sociales et environnementales, je vous le rappelle, est extraite de la « galerie » de l’association Act Responsible, qui collecte le meilleur de la création publicitaire en provenance des associations, ONG... dans le but de donner de la visibilité à des communications souvent inconnues et de témoigner du travail quotidien des associations. Ces créations sont accessibles sur le site www.act-responsible.org.

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