Gaz de schiste : des débats qui refont surface

03/09/2012

Pour se remettre en train et entamer la rentrée du blog, je vous propose un sujet qui alimentera certainement l’actualité environnementale des prochaines semaines.

Les gaz de schiste et la fracturation hydraulique ont causé quelques remous et polémiques durant l’été. En voici un résumé sur 20 Minutes Planète. La sécheresse qui sévit dans plus de la moitié des États-Unis a mis en avant un autre problème de taille : la technique de la fracturation hydraulique nécessite énormément d’eau, comme le souligne cet article de Novethic.

Ils vont revenir à l’agenda de la rentrée. D’une part le sujet sera à l'ordre du jour de la conférence environnementale organisée par le gouvernement les 14 et 15 septembre qui réunira ONG environnementales, confédérations syndicales, organisations patronales, élus locaux et parlementaires. La conférence, entre autres, arrêtera la méthode du grand débat national sur la transition énergétique.

D’autre part, une journée mondiale contre la fracturation hydraulique est prévue le 22 septembre à l'appel des collectifs de nombreux pays ayant participé au Sommet des peuples de Rio + 20 en juin dernier. Deux rassemblements sont prévus en France, à St Christol lez Alès (30) pour le sud et Tournan-en-Brie (77) pour le nord.

Pour vous remettre en mémoire ce qu’est la fracturation hydraulique, vous pouvez aussi voir ou revoir cette animation sur le site Owni.

A lire aussi sur le site de Terra Eco : Gaz schiste, petit manuel à l'usage des lobbyistes

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Du poisson issu de pêcheries durables labellisées MSC

18/07/2012

poisson, pêche durable, pêcheries, évaluations, certification, label, écolabel, MSC, référentielC’est une initiative qui concerne la totalité des approvisionnements européens de McDonald’s en poisson blanc. Cabillaud, églefin, hoki et colin d’Alaska utilisés pour les recettes au poisson dans les 7 000 restaurants McDonald’s répartis dans 40 pays d’Europe sont désormais issus de pêcheries vérifiées selon le référentiel MSC. Le logo MSC qui apparaîtra sur les emballages de nos produits à base de poisson signifie que les pêcheries qui nous fournissent sont évaluées par un organisme de certification et des experts indépendants.

Je rappelle que le MSC (Marine Stewardship Council) est une organisation internationale à but non lucratif créée en 1997 pour encourager les pratiques de pêche durables et faire évoluer le marché mondial des produits de la mer avec l’ensemble des acteurs de la filière pêche Son programme d’éco labellisation : garantir la pérennité des stocks de poissons, la préservation des écosystèmes et une bonne gestion des zones de pêche, selon des critères scientifiques stricts et rigoureux.

Le contexte est posé, place au débat... J’anticipe en répondant à certaines questions que vous brûlez certainement de poser. Il en restera, je n’en doute pas !

Pour commencer, à quoi ça sert ?

Ce n’est absolument pas anecdotique : notre taille et les volumes que nous achetons ont incontestablement une incidence sur l’amélioration des pratiques qui permettent aux stocks de se renouveler. Les stocks naturels des océans de la planète sont dans un triste état. Selon la FAO, 50% des réserves mondiales de poisson (les 200 espèces les plus consommées) sont pleinement exploitées, ce qui ne laisse pas d’autre choix que de reconstituer les stocks. Les entreprises ont un rôle à jouer dans la transformation du marché des produits de la mer et la préservation des ressources marines. Avec le label MSC, nous sommes la première entreprise dans le secteur de la restauration rapide en Europe à s’approvisionner en poisson blanc certifié durable.

Et pourquoi a-t-il fallu si longtemps pour arriver à cette certification ?

Pour nous, la démarche devait d’abord concerner l’ensemble de nos approvisionnements à l’échelle européenne. Cela explique en partie le temps nécessaire à l’obtention de la certification mais pas seulement. Nous aurions pu aller plus vite en choisissant une solution plus simple : tourner le dos à nos fournisseurs de poissons « conventionnels » pour s’approvisionner directement auprès de pêcheries certifiées MSC. Nous avons plutôt choisi d’accompagner nos fournisseurs à la mise en place de meilleures pratiques de pêche et nous avons mis en place en 2003 notre propre politique de pêche durable. La certification MSC est donc la reconnaissance de critères déjà en place chez nos fournisseurs. En parallèle des évaluations indépendantes annuelles réalisées dans le cadre de notre politique de pêche durable, l’organisme chargé de la certification par MSC effectue des audits de surveillance. Trois ans après la certification initiale, la pêcherie sera réévaluée.

Si le sujet vous intéresse, n’hésitez pas à poser d’autres questions !

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Biodiversité : la France figure parmi les 5 pays hébergeant le plus grand nombre d’espèces menacées

05/07/2012

L’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) a rendue publique la dernière mise à jour de sa Liste rouge des espèces menacées, à la veille de la conférence de Rio. Elle montre que 19 817 espèces sont menacées d’extinction sur les 63 837 étudiées. Un nouveau cri d’alarme sur le déclin rapide de la biodiversité.

L’UICN nous rappelle que les espèces ont une valeur économique et assurent des services irremplaçables et indispensables à notre bien-être. Par exemple, le service rendu aux hommes par les pollinisateurs est évalué à 200 milliards de dollars par an. Les médicaments proviennent de plantes médicinale qui disparaissent. Les amphibiens jouent aussi un rôle vital dans la mise au point de nouveaux médicaments, et près de la moitié de ces espèces sont menacées d'extinction. Sans parler des impacts de la surpêche et des espèces invasives...

Et la France ? Avec 983 espèces mondialement menacées présentes sur son territoire, elle figure au cinquième rang des pays les plus concernés, après l'Équateur, la Malaisie, les États-Unis et l'Indonésie... Et devant le Mexique, l'Inde, la Chine, l'Australie, le Brésil !

Cette position peu enviable s’explique surtout par la très forte biodiversité abritée par les collectivités françaises d’outre-mer, Nouvelle-Calédonie et Polynésie française en tête. Elles sont situées dans des points chauds de la biodiversité mondiale, c’est-à-dire des régions très riches en espèces mais également très menacées. Mais la France métropolitaine aussi est concernée, avec 215 espèces mondialement menacées recensées. Parmi elles, l'Esturgeon européen (en danger critique), le Vautour percnoptère (en danger) ou encore la Violette de Rouen (en danger critique)

Vous trouverez ici le communiqué du Comité français de l’UICN.

Et aussi un article sur le site Actus-Environnement.

L’Union internationale pour la conservation de la nature, fondée en 1948 à Fontainebleau, est une alliance de plus de 1000 organismes membres et 11000 experts, présents dans plus de 160 pays. C’est la seule organisation environnementale qui dispose du statut d’observateur auprès de l’ONU.

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Rio se conclut dans le scepticisme : et maintenant, que faire ?

27/06/2012

Le sommet de la terre, RIO+20 s’est achevé vendredi soir comme beaucoup l'avaient supposé avant même que la conférence ne commence. Les représentants de 193 pays, dont près d'une centaine de chefs d'État et de gouvernement ont ratifié le texte d'accord final, « l'avenir que nous voulons » bouclé quelques heures avant l’ouverture par les négociateurs.

Échec ou point de départ ? Le verre est à demi vide ou à demi plein, selon les points de vue.

Pour la société civile, qui s'est abondamment mais en vain manifestée pour obtenir un accord ambitieux, c’est une désillusion annoncée : le texte minimaliste est fait d'intentions et de promesses peu élaborées et non datées. Pas de lignes directrices ni d’engagement contraignant sur l'économie verte, qui pourrait répondre aussi bien à la crise économique qu'à la dégradation de la planète. Le programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE) est renforcé, mais sans la force et l'autonomie d'une vraie agence de l'ONU.

Le principal acquis est la décision de lancer des «Objectifs du développement durable» (ODD) sur le modèle de ceux du Millénaire adoptés en 2000 par l'ONU. Leur définition est toutefois laissée à un groupe de travail qui devra faire ses propositions en 2013, pour une mise en place à partir de 2015.

Rio pourrait malgré tout avoir lancé la dynamique d'une coopération internationale renforcée pour mieux gérer les ressources finies d'une Planète bien mal en point. Pour le secrétaire-général des Nations unies, Ban Ki-Moon « Rio+20 a affirmé des principes fondamentaux - renouvelé des engagements essentiels - et nous a donné une nouvelle direction ». Et pour la présidente brésilienne Dilma Rousseff, c'est un « point de départ ».

Les ONG et représentants de la société civile sont nombreux à pointer le rôle décisif des citoyens. À défaut d'engagements concrets, ce sont eux qui doivent faire pression pour que le processus soit mis en place.

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RIO+20, les jeux sont faits ?

20/06/2012

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La conférence des Nations unies sur le développement durable, baptisée Rio+20 en référence au sommet qui s’est tenu en 1992 dans cette même ville, a débuté aujourd’hui à Rio de Janeiro et s’achèvera vendredi.

Les 130 chefs d'État et de gouvernement attendus trouveront sur la table une déclaration finale déjà bouclée, ou peu s'en faut. Les négociateurs de Rio+20 sont parvenus mardi in extremis à un accord sur un texte intitulé « L'avenir que nous voulons » sous l’impulsion du Brésil. Le document, qui n'était toujours pas finalisé après 5 mois de négociations, a fait l’objet de longues discussions au cours de la nuit de lundi à mardi. Les Européens lui reprochaient son manque d'ambition sur les objectifs du développement durable et la gouvernance mondiale. Ils demandaient en particulier qu’une place plus grande soit faite au Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE). Ce texte, finalement réduit à  49 pages doit être signé vendredi soir, à la clôture de la conférence.

Pour les ONG, le résultat de la conférence est d'ores et déjà décevant. Il est peu probable que le texte soit retouché. Le peu de décisions concrètes qui en sortira paraitra sans doute insuffisant aux nombreux experts qui expriment un sentiment d’urgence face aux dangers qui menacent l'humanité. Une note d'optimisme cependant, qui vient des Amis de la terre : « Le texte semble avoir cessé de nous faire rétrograder par rapport à l'accord obtenu en 1992 ». Ce qui n’était pas gagné d’avance compte tenu de la crise et de certaines volontés de remettre en cause les engagements antérieurs. Mais il y a bien peu d’espoir que la conférence aboutisse à un accord qui prolonge le sommet de la terre de 1992 et engage davantage les États.

Si le sujet vous intéresse, vous trouverez une mine d’actualités sur le site de Terra Eco.

En marge des négociations, des milliers de participants se sont donné rendez-vous au Sommet des peuples pour tenter jusqu'au dernier moment d'en influencer le cours. Des photos sur le site « Planète » du Monde.

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A deux semaines de RIO+20, l’alerte des Nations Unies sur l’état de la planète

07/06/2012

« Si rien n’est fait pour inverser la tendance, les gouvernements devront assumer la responsabilité d’un niveau de dégradation et de répercussions sans précédent. » C’est sur ce constat alarmant que le directeur général du PNUE (Programme des Nations unies pour l'environnement) présentait hier son cinquième rapport sur l'Avenir de l'environnement mondial (GEO-5).

Le monde ne s’oriente pas sur une voie durable malgré les centaines d’objectifs fixés au niveau international. Sur les 90 objectifs les plus importants en matière d'environnement, quatre seulement connaissent des progrès sensibles. Ainsi, les substances appauvrissant la couche d’ozone ont pratiquement été éliminées (ce qui devrait éviter des dizaines de millions de cas de cataracte d'ici 2100 et des millions de cancers de la peau d'ici 2050), le plomb a été supprimé dans les carburants de presque tous les pays, l’accès à l'eau potable des populations s’améliore (même si plus de 600 millions de personnes n’en bénéficieront toujours pas en 2015). Et aucun progrès - ou très peu - n'a été réalisé sur 24 autres objectifs. Les émissions de gaz à effet de serre, par exemple, devraient doubler d’ici 2050, les stocks de poissons se détériorent, le nombre des inondations a augmenté de 230% entre 1980 et 2000 et celui des sécheresses de 38%. Pire, la situation se dégrade pour 8 de ces objectifs. Une course contre la montre est engagée, d'autant plus que la planète comptera neuf milliards de Terriens en 2050 et que l'économie mondiale consomme de plus en plus de ressources naturelles.

Un coup de semonce à destination des quelque 50 000 participants au sommet de Rio, du 20 au 22 juin - responsables gouvernementaux, représentants d'entreprises et membres de groupes de pression et d'organisations écologistes...

Le rapport laisse cependant la porte ouverte à l'initiative. Les expériences réussies (il y en a !) dans certaines régions du monde démontrent qu'on peut atteindre des objectifs ambitieux d'ici 2050, à condition de changer et de renforcer les politiques et stratégies actuelles. Il propose aussi un certain nombre de pistes. Il rappelle que la transition définitive vers une économie verte émettant peu de CO2 et utilisant efficacement les ressources doit absolument être amorcée en urgence.

Sera-t-il entendu des gouvernements ?

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