Conférence environnementale : on attend la suite !

19/09/2012

Dans l’ensemble, le discours d’ouverture du président de la République a surpris par son ambition et (un peu) rassuré les ONG et les écologistes : fermeture de la centrale de Fessenheim fin 2016, rejet de sept permis d’extraction de gaz de schiste, utilisation des fonds de la Banque publique d’investissement pour financer la transition écologique de l’économie, création d'une Agence nationale de la biodiversité... Les mesures immédiates annoncées en clôture par le Premier ministre, même si elles laissent certaines parties prenantes sur leur faim, sont considérées comme encourageantes... Par ailleurs, les tables rondes qui ont réuni près de 300 participants en quelques heures n’ont pas favorisé les échanges. Bref, une étape est franchie mais il reste de nombreuses attentes sur la suite à donner et des inquiétudes, notamment sur le financement de cette transition écologique. Une feuille de route plus précise doit être envoyée dans la semaine à l’ensemble des ministres.

La transition énergétique est l’un des grands chantiers ouverts par la conférence. Un « grand débat » s’ouvrira dans les prochaines semaines (sans précision de date), avec au bout un projet de loi sur la transition énergétique qui sera présenté au parlement « avant l’été 2013 ». Des mesures immédiates ont été annoncées en clôture par le Premier ministre : la tarification progressive de l’énergie, le soutien au développement de véhicules sobres, la rénovation thermique du parc immobilier, de nouveaux appels d’offres sur l’éolien en mer et le solaire de grande capacité...

Du côté de la biodiversité, la principale annonce est la création en 2013 de l’agence nationale, très attendue des ONG. Le gouvernement souhaite mettre un frein à l’artificialisation des sols, ce qui devrait être précisé dans un prochain projet de loi. L’aéroport de Notre-Dame-Des-Landes reste tout de même une pierre dans son jardin... On peut noter aussi le maintien du moratoire sur la mise en culture des OGM. Une « pause » est prévue dans le développement des agrocarburants pour contrer la hausse des prix agricoles.

Petite synthèse de ces mesures (et de quelques oublis) dans cet article de Terra Eco.

Et aussi sur Le Monde Planète.

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Conférence environnementale : un nouvel élan ?

13/09/2012

Cinq ans après le démarrage du Grenelle, la « conférence environnementale pour la transition écologique » sera ouverte vendredi 14 septembre au matin par le président de la République et conclue le 15 après-midi par le Premier ministre. À la différence du Grenelle, six collèges de participants, et non pas cinq, seront autour de la table : État, collectivités locales, ONG, employeurs, salariés, auxquels s’ajoutent les parlementaires. Les participants discuteront autour de cinq tables rondes : transition énergétique, reconquête de la biodiversité, risques sanitaires environnementaux, fiscalité écologique et gouvernance environnementale.

Le bilan du Grenelle ? Pas vraiment enthousiasmant...

Un rapport commandé par Delphine Batho, ministre de l’écologie, dresse un bilan plutôt mitigé l'état écologique de la France depuis le lancement du Grenelle de l'environnement en 2007, sur une trentaine d’indicateurs. En résumé, il y a du bon et du moins bon, mais on est encore loin des ambitions premières.

Du côté des résultats encourageants, les Français prennent plus souvent le bus et le train et la part des transports en commun dans les déplacements des voyageurs a augmenté depuis 2006. On enregistre un léger mieux dans la consommation d’énergie des logements (mais loin de l’objectif initial.) Les ménages rejettent toujours moins de déchets et les trient de plus en plus, et sur ce plan les objectifs du Grenelle seront tenus avant l'heure.

Le moins bon, maintenant, voire pas bon du tout : la division par quatre des gaz à effet de serre dans les transports d’ici 2020 est plus que compromise. Les émissions sont reparties à la hausse après un creux en 2009 pour cause de crise économique. Le volume d'énergie consommée en France pour se chauffer a diminué, mais pas suffisamment, et la part des ressources renouvelables dans le bouquet énergétique progresse trop lentement. L'usage des pesticides augmente et le niveau d'artificialisation des sols, lié notamment à l'étalement urbain, dépasse le seuil fixé...

Sur le rapport, plus d’information sur Le Monde Planète et Les Echos.fr

Les ONG abordent cette conférence dans un esprit constructif, bien qu’elles aient manifesté tout d’abord un enthousiasme plutôt tiède. Elles s’opposent, d’une manière générale, à l’argument de la crise économique pour retarder des mesures jugées essentielles et urgentes, notamment sur les thèmes sensibles comme la transition énergétique et la biodiversité. Elles insistent sur les moyens qui ont manifestement fait défaut pour réaliser les objectifs du Grenelle. Greenpeace, après avoir exposé les raisons de ses réticences dans une série de billets, a pris la décision de « jouer le jeu de la concertation ». La conférence environnementale doit d'abord servir à fixer une méthode et à tracer une feuille de route pour les cinq ans à venir. Souhaitons que l’ouverture et la transparence attendue soit au rendez-vous...

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Gaz de schiste : des débats qui refont surface

03/09/2012

Pour se remettre en train et entamer la rentrée du blog, je vous propose un sujet qui alimentera certainement l’actualité environnementale des prochaines semaines.

Les gaz de schiste et la fracturation hydraulique ont causé quelques remous et polémiques durant l’été. En voici un résumé sur 20 Minutes Planète. La sécheresse qui sévit dans plus de la moitié des États-Unis a mis en avant un autre problème de taille : la technique de la fracturation hydraulique nécessite énormément d’eau, comme le souligne cet article de Novethic.

Ils vont revenir à l’agenda de la rentrée. D’une part le sujet sera à l'ordre du jour de la conférence environnementale organisée par le gouvernement les 14 et 15 septembre qui réunira ONG environnementales, confédérations syndicales, organisations patronales, élus locaux et parlementaires. La conférence, entre autres, arrêtera la méthode du grand débat national sur la transition énergétique.

D’autre part, une journée mondiale contre la fracturation hydraulique est prévue le 22 septembre à l'appel des collectifs de nombreux pays ayant participé au Sommet des peuples de Rio + 20 en juin dernier. Deux rassemblements sont prévus en France, à St Christol lez Alès (30) pour le sud et Tournan-en-Brie (77) pour le nord.

Pour vous remettre en mémoire ce qu’est la fracturation hydraulique, vous pouvez aussi voir ou revoir cette animation sur le site Owni.

A lire aussi sur le site de Terra Eco : Gaz schiste, petit manuel à l'usage des lobbyistes

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Du poisson issu de pêcheries durables labellisées MSC

18/07/2012

poisson, pêche durable, pêcheries, évaluations, certification, label, écolabel, MSC, référentielC’est une initiative qui concerne la totalité des approvisionnements européens de McDonald’s en poisson blanc. Cabillaud, églefin, hoki et colin d’Alaska utilisés pour les recettes au poisson dans les 7 000 restaurants McDonald’s répartis dans 40 pays d’Europe sont désormais issus de pêcheries vérifiées selon le référentiel MSC. Le logo MSC qui apparaîtra sur les emballages de nos produits à base de poisson signifie que les pêcheries qui nous fournissent sont évaluées par un organisme de certification et des experts indépendants.

Je rappelle que le MSC (Marine Stewardship Council) est une organisation internationale à but non lucratif créée en 1997 pour encourager les pratiques de pêche durables et faire évoluer le marché mondial des produits de la mer avec l’ensemble des acteurs de la filière pêche Son programme d’éco labellisation : garantir la pérennité des stocks de poissons, la préservation des écosystèmes et une bonne gestion des zones de pêche, selon des critères scientifiques stricts et rigoureux.

Le contexte est posé, place au débat... J’anticipe en répondant à certaines questions que vous brûlez certainement de poser. Il en restera, je n’en doute pas !

Pour commencer, à quoi ça sert ?

Ce n’est absolument pas anecdotique : notre taille et les volumes que nous achetons ont incontestablement une incidence sur l’amélioration des pratiques qui permettent aux stocks de se renouveler. Les stocks naturels des océans de la planète sont dans un triste état. Selon la FAO, 50% des réserves mondiales de poisson (les 200 espèces les plus consommées) sont pleinement exploitées, ce qui ne laisse pas d’autre choix que de reconstituer les stocks. Les entreprises ont un rôle à jouer dans la transformation du marché des produits de la mer et la préservation des ressources marines. Avec le label MSC, nous sommes la première entreprise dans le secteur de la restauration rapide en Europe à s’approvisionner en poisson blanc certifié durable.

Et pourquoi a-t-il fallu si longtemps pour arriver à cette certification ?

Pour nous, la démarche devait d’abord concerner l’ensemble de nos approvisionnements à l’échelle européenne. Cela explique en partie le temps nécessaire à l’obtention de la certification mais pas seulement. Nous aurions pu aller plus vite en choisissant une solution plus simple : tourner le dos à nos fournisseurs de poissons « conventionnels » pour s’approvisionner directement auprès de pêcheries certifiées MSC. Nous avons plutôt choisi d’accompagner nos fournisseurs à la mise en place de meilleures pratiques de pêche et nous avons mis en place en 2003 notre propre politique de pêche durable. La certification MSC est donc la reconnaissance de critères déjà en place chez nos fournisseurs. En parallèle des évaluations indépendantes annuelles réalisées dans le cadre de notre politique de pêche durable, l’organisme chargé de la certification par MSC effectue des audits de surveillance. Trois ans après la certification initiale, la pêcherie sera réévaluée.

Si le sujet vous intéresse, n’hésitez pas à poser d’autres questions !

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Biodiversité : la France figure parmi les 5 pays hébergeant le plus grand nombre d’espèces menacées

05/07/2012

L’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) a rendue publique la dernière mise à jour de sa Liste rouge des espèces menacées, à la veille de la conférence de Rio. Elle montre que 19 817 espèces sont menacées d’extinction sur les 63 837 étudiées. Un nouveau cri d’alarme sur le déclin rapide de la biodiversité.

L’UICN nous rappelle que les espèces ont une valeur économique et assurent des services irremplaçables et indispensables à notre bien-être. Par exemple, le service rendu aux hommes par les pollinisateurs est évalué à 200 milliards de dollars par an. Les médicaments proviennent de plantes médicinale qui disparaissent. Les amphibiens jouent aussi un rôle vital dans la mise au point de nouveaux médicaments, et près de la moitié de ces espèces sont menacées d'extinction. Sans parler des impacts de la surpêche et des espèces invasives...

Et la France ? Avec 983 espèces mondialement menacées présentes sur son territoire, elle figure au cinquième rang des pays les plus concernés, après l'Équateur, la Malaisie, les États-Unis et l'Indonésie... Et devant le Mexique, l'Inde, la Chine, l'Australie, le Brésil !

Cette position peu enviable s’explique surtout par la très forte biodiversité abritée par les collectivités françaises d’outre-mer, Nouvelle-Calédonie et Polynésie française en tête. Elles sont situées dans des points chauds de la biodiversité mondiale, c’est-à-dire des régions très riches en espèces mais également très menacées. Mais la France métropolitaine aussi est concernée, avec 215 espèces mondialement menacées recensées. Parmi elles, l'Esturgeon européen (en danger critique), le Vautour percnoptère (en danger) ou encore la Violette de Rouen (en danger critique)

Vous trouverez ici le communiqué du Comité français de l’UICN.

Et aussi un article sur le site Actus-Environnement.

L’Union internationale pour la conservation de la nature, fondée en 1948 à Fontainebleau, est une alliance de plus de 1000 organismes membres et 11000 experts, présents dans plus de 160 pays. C’est la seule organisation environnementale qui dispose du statut d’observateur auprès de l’ONU.

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Rio se conclut dans le scepticisme : et maintenant, que faire ?

27/06/2012

Le sommet de la terre, RIO+20 s’est achevé vendredi soir comme beaucoup l'avaient supposé avant même que la conférence ne commence. Les représentants de 193 pays, dont près d'une centaine de chefs d'État et de gouvernement ont ratifié le texte d'accord final, « l'avenir que nous voulons » bouclé quelques heures avant l’ouverture par les négociateurs.

Échec ou point de départ ? Le verre est à demi vide ou à demi plein, selon les points de vue.

Pour la société civile, qui s'est abondamment mais en vain manifestée pour obtenir un accord ambitieux, c’est une désillusion annoncée : le texte minimaliste est fait d'intentions et de promesses peu élaborées et non datées. Pas de lignes directrices ni d’engagement contraignant sur l'économie verte, qui pourrait répondre aussi bien à la crise économique qu'à la dégradation de la planète. Le programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE) est renforcé, mais sans la force et l'autonomie d'une vraie agence de l'ONU.

Le principal acquis est la décision de lancer des «Objectifs du développement durable» (ODD) sur le modèle de ceux du Millénaire adoptés en 2000 par l'ONU. Leur définition est toutefois laissée à un groupe de travail qui devra faire ses propositions en 2013, pour une mise en place à partir de 2015.

Rio pourrait malgré tout avoir lancé la dynamique d'une coopération internationale renforcée pour mieux gérer les ressources finies d'une Planète bien mal en point. Pour le secrétaire-général des Nations unies, Ban Ki-Moon « Rio+20 a affirmé des principes fondamentaux - renouvelé des engagements essentiels - et nous a donné une nouvelle direction ». Et pour la présidente brésilienne Dilma Rousseff, c'est un « point de départ ».

Les ONG et représentants de la société civile sont nombreux à pointer le rôle décisif des citoyens. À défaut d'engagements concrets, ce sont eux qui doivent faire pression pour que le processus soit mis en place.

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