Sur les toits de Paris... un jardin potager

04/01/2013

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Pour évacuer joliment les derniers relents de fin du monde, je vous propose d’entamer cette année 2013 sur une note optimiste avec ce potager urbain expérimental installé sur les toits d’AgroParisTech, dans le 5ème arrondissement de Paris.

Nicolas Bel et Nicolas Marchal, de l'association Potager sur les toits, ont convaincu la direction de cette école d’ingénieurs (dans le domaine du vivant et de l’environnement) d'investir la vaste terrasse de leur toit pour y mener des expérimentations. L’idée est de montrer qu’il est possible de cultiver des légumes sur une base de déchets organiques abondants en milieu urbain et périurbain. Dans des bacs carrés en bois, ils comparent différents types de sols: du marc de café, du compost, des déchets de bois... et du terreau que l'on peut trouver dans le commerce. Des chercheurs de l’INRA, d’AgroParisTech, de l’école normale et du muséum d’histoire naturelle ont rejoint le projet.

Premier verdict : c’est le compost où circulent les vers de terre et poussent des champignons qui donne les plus belles salades ! Il est nourri des déchets de la cafétéria de l'école. Le compost issu de déchets verts est aussi le plus intéressant économiquement.

L’impact de la pollution urbaine sur les fruits et légumes récoltés est aussi analysé. Là encore, les résultats sont prometteurs : les mesures ont montré que les teneurs en cadmium et en plomb contenus dans les tomates et les laitues cultivées sur le toit sont largement en dessous des normes recommandées.

La mairie de Paris évalue à 314 hectares la surface des toitures végétalisables dans la capitale. L'association Potager sur les toits a prévu de planter des potagers un peu partout dans Paris, y compris aux abords du périphérique. Elle a déjà été sollicitée pour créer un potager sur le toit du restaurant La Tour d’Argent.

Voici le reportage réalisé par le journal LeMonde.

Vous trouverez aussi un article assez complet sur le site Paris.fr

Un projet de recherche avec AgroParisTech est en cours dans le cadre de nos appels à projets environnementaux. Il se déroule sur une période de deux ans (d’octobre 2011 à octobre 2013) sur la Ferme Expérimentale de Grignon. Située dans les Yvelines, cette ferme sert de support aux activités d’enseignement et de recherche d’AgroParisTech. L’objectif du projet : tester des techniques (aménagements, protocoles de suivi, etc.) permettant de favoriser la biodiversité sur des parcelles avec rotations incluant le blé sur l’exploitation de la ferme expérimentale de Grignon. Une fois cette étude en place, les résultats observés par AgroParisTech sur l’évaluation des enjeux liés à la biodiversité et ceux mis en œuvre sur les fermes de référence seront croisés pour déployer ensuite les aménagements et les protocoles de suivi les plus intéressants dans le cadre de la stratégie agro-écologique de McDonald’s France.

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Colloque Développement durable le 11 décembre, à suivre en streaming

10/12/2012

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Demain 11 décembre se tiendra dans l’auditorium du Monde à Paris la première édition du colloque Développement durable, les débats 2012.

Le Monde, McDonald’s France, la Chaire Développement durable de Sciences Po et l’ISIGE Les Mines ParisTech, ont souhaité s’associer pour créer ce rendez-vous majeur du développement durable, croisant les points de vue des chercheurs, des responsables de l’action publique et des dirigeants d’entreprise. Ce rendez-vous est conçu pour porter une parole forte et libre sur des questions controversées. Il a vocation à se renouveler chaque année.

Quatre tables rondes reviendront sur les questions qui ont marqué l’actualité de l’année 2012 :

9 h 30 – 11 h 00 - Les multinationales vont-elles remplacer les États dans la gouvernance du Développement durable, après l’échec de Rio + 20 ?

11 h 30 – 13 h 00 - Comment décider dans un contexte d’incertitude sur les questions de santé et d’environnement qui ne cessent de surgir ?

14 h 00 – 15 h 30 - La transition écologique est-elle l’ennemi de l’emploi, comme peut le laisser penser la focalisation du débat public sur le retour de la croissance ?

16 h 00 – 17 h 30 Quels systèmes d’évaluation mettre en œuvre pour intégrer le Développement Durable dans la prise de décision ?

Pour ma part, j’interviendrai dans la troisième table ronde, à 14h.

Je vous invite à suivre le colloque en streaming sur www.lemonde.fr/colloque_developpement_durable

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Comment vivrons-nous dans nos villes en 2050 ?

13/11/2012

TerraEcoHSVilles2050.pngDe plus en plus de citadins, de moins en moins de ruraux... Plus de la moitié de l’humanité est aujourd’hui urbaine. En 2050, ce seront les deux tiers des 9,3 milliards d’habitants de la terre qui vivront en ville. Alors, à quoi ressembleront les villes de demain ? Loin des images de science fiction avec voitures volant au milieu des gratte-ciel, le magazine Terra Eco a voulu apporter une réponse à cette question dans un hors série réalisé en partenariat avec l’ADEME.

Comment réinventer la ville pour la rendre plus viable et plus vivable ? Comment mettre fin au modèle unique de la ville et privilégier des modèles qui s’intègrent plus harmonieusement dans leur environnement ? Comment adapter nos territoires en fonction des évolutions démographiques, sociales, culturelles ?

La voie n’est pas tracée d’avance, mais des expérimentations émergent un peu partout en France et aillleurs. Nantes, capitale verte européenne, Loos-en-Gohelle où un bassin minier martyrisé est converti en laboratoire du développement durable, des immeubles modulables en bois et pisé à Grenoble, Poitiers qui décale les horaires de fac et de bureau pour éviter les embouteillages, une ferme posée sur les toits à Montréal, un chantier titanesque à Mexico pour remettre la ville au vert... Vous pourrez, en lisant ces pages, voyager dans l'espace et dans le temps, pour découvrir des exemples concrets de projets, à travers l’urbanisme, l’architecture, les nouvelles technologies ou la consommation.

Pour télécharger le hors-série de Terra Eco (octobre-novembre 2012)

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OGM : la nécessité d’une étude indépendante et d’un débat public

07/11/2012

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Je ne reviendrai pas ici sur les détails de « l’affaire Séralini », qui ne peut pas vous avoir échappé ! Les résultats de l’étude choc, les controverses qui ont suivi ce « pavé dans la mare », les conclusions réfutées par l'Agence européenne de sécurité sanitaire, les académies, le Haut Conseil des biotechnologies (HCB) et l'Agence de sécurité sanitaire française (Anses).

Quelle que soit la validité scientifique de ses conclusions, quelles que soient les critiques, sans doute justifiées, formulées à l’encontre du scénario médiatique qui a accompagné sa sortie, l’étude a au moins un mérite : celui de révéler l’insuffisance des études à long terme. Les travaux de Gilles-Eric Séralini ne permettent pas d'établir scientifiquement un lien de cause à effet entre la consommation de l'OGM, de son pesticide, et les pathologies observées. Mais les travaux réglementaires, trop courts et financés par les firmes elles-mêmes, ne démontrent pas davantage l'innocuité du maïs génétiquement modifié.

« L’opinion publique ne sait qui croire ni quoi croire ». Ce sont les termes même de la présidente du comité éthique du Haut Conseil des biotechnologies. En effet.

Les agences de réglementation ont conclu à la nécessité de conduire des études approfondies et indépendantes sur les effets à long terme des OGM. La proposition a été retenue par le gouvernement. Le Premier ministre entend « porter au niveau européen la demande d'une remise à plat du dispositif communautaire d'évaluation, d'autorisation et de contrôle des OGM et pesticides ».

Voilà pour la question de santé publique. Reste que les questions soulevées par les OGM sont aussi d’ordre environnemental, sociétal et économique. L’émotion soulevée par cette étude ne doit pas le faire oublier...

 

McDonald's s’est engagé avec ses fournisseurs pour que les produits proposés dans les menus soient composés d'ingrédients de source
non OGM : blé utilisé pour la fabrication des buns, pommes de terre, tomates, salades (selon la réglementation actuelle, un produit « non OGM » est un produit qui contient moins de 0,9 % d’OGM. Au dessous de ce seuil, l’étiquetage « peut contenir des OGM » n’est pas obligatoire). Pour exemple, les sauces : l’huile de soja a été remplacée par de l’huile de colza non OGM, ce qui apporte également une meilleure qualité nutritionnelle et permet un approvisionnement local. L’alimentation des poulets est également de source « non OGM ». Cette garantie s’avère plus difficile pour la filière bovine, la contractualisation avec les éleveurs étant encore peu développée du fait notamment de la complexité de l’organisation de cette filière. Voir à ce propos mon billet « Faisons le point sur la viande bovine ».

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Hyderabad : promesses tenues en faveur de la biodiversité

22/10/2012

Une note d’espoir est ressortie de la conférence d’Hyderabad sur la diversité biologique, phénomène assez rare dans le monde des sommets internationaux au chevet de la planète où les négociations ont plutôt tendance à piétiner. D’autant que le sujet ne semble pas passionner grand monde, il faut bien le dire...

Il y a deux ans, à Nagoya (Japon) vingt objectifs ambitieux pour 2020 avaient été adoptés dans le but d’enrayer l'érosion toujours plus rapide des espèces végétales et animales. Mais la question centrale du financement de ces objectifs avait été reportée. Et c’était là le principal enjeu, et le gros point de blocage attendu, de la conférence d’Hyderabad : donner une substance financière à ces engagements pour qu’ils ne tombent pas aux oubliettes.

A Hyderabad, un compromis a été trouvé : les pays développés doubleront d’ici 2015 leur effort financier vers les pays en développement pour les aider dans leurs programmes de préservation de la biodiversité. Ils maintiendront leur contribution au moins à ce niveau jusqu’en 2020. En contrepartie, les pays en développement devront fournir des garanties sur l'utilisation des fonds et mettre eux-mêmes en œuvre des stratégies nationales et des moyens pour préserver la biodiversité. Un heureux dénouement dont il était permis de douter quelques heures plus tôt tant les négociations étaient tendues.

Une lacune est toutefois pointée dans cet accord : aucun chiffre n’a pour l’instant été cité. Le doublement est supposé être calculé à partir d’une moyenne des sommes affectées à la biodiversité entre 2006 et 2010, mais personne ne sait trop de quelles sommes on parle et quels sont les besoins des pays en développement. Cet accord montre malgré tout que la communauté internationale est encore capable de volontarisme en matière d’environnement. Hyderabad n'a pas remis en cause les promesses de Nagoya. Pays développés et pays en développement ont accepté d’assouplir leurs positions initiales et de faire un geste, grâce à quoi pour la première fois un objectif financier international est fixé en faveur de la biodiversité.

Et puis la conférence a aussi permis des progrès pour la protection des espèces marines en haute mer, de plus en plus exposées aux pêcheurs et aux compagnies pétrolières. Une cinquantaine de zones considérées comme sensibles dans le Pacifique, dans les Caraïbes et en Méditerranée ont été définies. Elles doivent servir de base à la constitution d'éventuelles aires marines protégées.

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Les moissons du futur, où comment on nourrit le monde

17/10/2012

D’accord, c’est avec un jour de retard que je vous parle de ce documentaire de Marie-Monique Robin diffusé hier sur Arte. Si vous l’avez déjà vu, tant mieux ! Sinon rien ne vous empêche de le voir, ou même de le revoir, puisqu’il sera rediffusé le samedi 20 octobre à 15H40, le mardi 30 octobre à 10H35 et le jeudi 8 novembre à 14H10... Il est en outre proposé en replay ou VOD, ou en DVD. Bref, il n’est pas trop tard !

Pour nourrir les 9 milliards d'habitants annoncés en 2050, existe-t-il une alternative au modèle agricole actuel, issu de la révolution verte lancée dans les années 1960 ? Non, répond le Président de l'Association nationale de l'industrie agro-alimentaire : une agriculture bio entraînerait une baisse de la production de 40 % pour une hausse des prix de 50 %. Oui, répond le Rapporteur spécial pour le droit à l'alimentation des Nations unies.

Qui croire ? La réalisatrice est allée enquêter aux quatre coins du globe pour répondre à cette question. Pluriculture au Mexique ou au Japon, agroforesterie au Malawi, méthode du push-pull au Kenya... Le documentaire montre que les méthodes de l’agroécologie sont des solutions viables non seulement pour lutter contre la faim dans le monde mais également pour la souveraineté et la sécurité alimentaire. À vous de voir !

La bande annonce :

 

Toutes les infos utiles pour (re)voir le documentaire sur le site d’Arte.

 

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