RIO+20, les jeux sont faits ?

20/06/2012

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La conférence des Nations unies sur le développement durable, baptisée Rio+20 en référence au sommet qui s’est tenu en 1992 dans cette même ville, a débuté aujourd’hui à Rio de Janeiro et s’achèvera vendredi.

Les 130 chefs d'État et de gouvernement attendus trouveront sur la table une déclaration finale déjà bouclée, ou peu s'en faut. Les négociateurs de Rio+20 sont parvenus mardi in extremis à un accord sur un texte intitulé « L'avenir que nous voulons » sous l’impulsion du Brésil. Le document, qui n'était toujours pas finalisé après 5 mois de négociations, a fait l’objet de longues discussions au cours de la nuit de lundi à mardi. Les Européens lui reprochaient son manque d'ambition sur les objectifs du développement durable et la gouvernance mondiale. Ils demandaient en particulier qu’une place plus grande soit faite au Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE). Ce texte, finalement réduit à  49 pages doit être signé vendredi soir, à la clôture de la conférence.

Pour les ONG, le résultat de la conférence est d'ores et déjà décevant. Il est peu probable que le texte soit retouché. Le peu de décisions concrètes qui en sortira paraitra sans doute insuffisant aux nombreux experts qui expriment un sentiment d’urgence face aux dangers qui menacent l'humanité. Une note d'optimisme cependant, qui vient des Amis de la terre : « Le texte semble avoir cessé de nous faire rétrograder par rapport à l'accord obtenu en 1992 ». Ce qui n’était pas gagné d’avance compte tenu de la crise et de certaines volontés de remettre en cause les engagements antérieurs. Mais il y a bien peu d’espoir que la conférence aboutisse à un accord qui prolonge le sommet de la terre de 1992 et engage davantage les États.

Si le sujet vous intéresse, vous trouverez une mine d’actualités sur le site de Terra Eco.

En marge des négociations, des milliers de participants se sont donné rendez-vous au Sommet des peuples pour tenter jusqu'au dernier moment d'en influencer le cours. Des photos sur le site « Planète » du Monde.

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A deux semaines de RIO+20, l’alerte des Nations Unies sur l’état de la planète

07/06/2012

« Si rien n’est fait pour inverser la tendance, les gouvernements devront assumer la responsabilité d’un niveau de dégradation et de répercussions sans précédent. » C’est sur ce constat alarmant que le directeur général du PNUE (Programme des Nations unies pour l'environnement) présentait hier son cinquième rapport sur l'Avenir de l'environnement mondial (GEO-5).

Le monde ne s’oriente pas sur une voie durable malgré les centaines d’objectifs fixés au niveau international. Sur les 90 objectifs les plus importants en matière d'environnement, quatre seulement connaissent des progrès sensibles. Ainsi, les substances appauvrissant la couche d’ozone ont pratiquement été éliminées (ce qui devrait éviter des dizaines de millions de cas de cataracte d'ici 2100 et des millions de cancers de la peau d'ici 2050), le plomb a été supprimé dans les carburants de presque tous les pays, l’accès à l'eau potable des populations s’améliore (même si plus de 600 millions de personnes n’en bénéficieront toujours pas en 2015). Et aucun progrès - ou très peu - n'a été réalisé sur 24 autres objectifs. Les émissions de gaz à effet de serre, par exemple, devraient doubler d’ici 2050, les stocks de poissons se détériorent, le nombre des inondations a augmenté de 230% entre 1980 et 2000 et celui des sécheresses de 38%. Pire, la situation se dégrade pour 8 de ces objectifs. Une course contre la montre est engagée, d'autant plus que la planète comptera neuf milliards de Terriens en 2050 et que l'économie mondiale consomme de plus en plus de ressources naturelles.

Un coup de semonce à destination des quelque 50 000 participants au sommet de Rio, du 20 au 22 juin - responsables gouvernementaux, représentants d'entreprises et membres de groupes de pression et d'organisations écologistes...

Le rapport laisse cependant la porte ouverte à l'initiative. Les expériences réussies (il y en a !) dans certaines régions du monde démontrent qu'on peut atteindre des objectifs ambitieux d'ici 2050, à condition de changer et de renforcer les politiques et stratégies actuelles. Il propose aussi un certain nombre de pistes. Il rappelle que la transition définitive vers une économie verte émettant peu de CO2 et utilisant efficacement les ressources doit absolument être amorcée en urgence.

Sera-t-il entendu des gouvernements ?

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Quel climat demain pour l’Europe ? Les prévisions de l’Agence Européenne de l’Environnement

07/05/2012

L'Agence Européenne de l'Environnement (AEE) a rendu publiques, le 3 mai, ses prévisions sur l'évolution climatique jusqu'à la fin du siècle.

Selon ces projections, l'Europe sera en moyenne plus chaude de 1,5°C entre 2021 et 2050 qu'elle ne l'était entre 1960 et 1990. Ces hausses pourraient paraître imperceptibles, mais elles « masquent potentiellement de forts extrêmes » et peuvent avoir des conséquences considérables, précise l'AEE.

Toutes les régions ne seront pas touchées de la même façon. Les experts de l'agence annoncent ainsi que « le réchauffement le plus important est attendu sur l'est de la Scandinavie, le sud et le sud-est de l'Europe » avec une hausse des températures moyennes entre 0,4 et 2,5°. Les projections font aussi apparaître une différence entre le nord et le sud : au nord, ce sont les hivers qui se réchaufferont le plus, au sud, c'est en été que les cartes montrent les plus grands changements. Les précipitations augmenteraient de 15% au nord de l’Europe et chuteraient d’autant au sud.

Tout cela aurait des conséquences multiples : de plus en plus d'inondations dans le nord, des périodes de sécheresse de plus en plus fréquentes et longues dans la partie sud. « Beaucoup de pays devront adapter leur système agricole au changement climatique et faire face à moins d'eau, ou avec de l'eau à d'autres périodes de l'année » affirme l'agence.

Mais il ne s’agit que d’un scénario, qui peut encore être revisité... précise l’AEE, en réduisant rapidement les émissions de CO2 grâce notamment au remplacement des « énergies fossiles par des technologies utilisant les énergies renouvelables ». La Commission européenne et l'Agence ont récemment lancé sur Internet, Climate-ADAPT, regroupant les actions mises en œuvre pour contrer le réchauffement climatique.

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Earth Hour 2012 : le 31 mars, on éteint la lumière pendant une heure un peu partout dans le monde

27/03/2012

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Le 31 mars, à partir de 20h30, les lumières s’éteindront pendant une heure dans 135 pays et 5 251 villes, à l’initiative du WWF. De Paris à Sydney, en passant par Pékin, Berlin, Londres ou Rome, les monuments les plus connus seront plongés dans le noir au gré des fuseaux horaires, formant une sorte de vague d’obscurité. Cette « heure pour la planète » a été lancée pour la première fois à Sydney en 2007, elle est devenue au fil des ans une grande action mondiale de soutien à la lutte contre le changement climatique.

À Paris, ce sont 200 monuments, dont la tour Eiffel, qui s’éteindront. Plus de cinquante villes françaises ont répondu favorablement à l’appel. Plus d’infos sur le site Earth Hour.

Bien que l’événement rencontre un succès grandissant de par le monde, il continue de susciter les critiques, essentiellement en provenance des climato-sceptiques. Pour les convaincus, l'action est purement symbolique, elle a pour but de sensibiliser le public en montrant que chacun, à son niveau, peut réaliser des économies d'énergie. Les détracteurs dénoncent une action inutile si elle n’est pas suivie de gestes concrets tout au long de l'année, et même contre-productive du fait du pic de consommation généré au moment où tout le monde appuie sur l’interrupteur au même moment... 

Je ne trancherai pas ici le débat. Cette manifestation médiatique permet surtout, me semble-t-il, de mettre au premier plan un sujet de préoccupation important, celui de l'énergie et en particulier de l'éclairage, qui représente un cinquième de la consommation mondiale d'électricité.

Et vous ? Y êtes-vous favorable ou opposé ?

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Une vidéo de la Nasa résume plus d’un siècle de climat en 26 secondes

05/02/2012

Si vous vous intéressez au sujet, vous avez sans doute vu cette courte vidéo réalisée par un laboratoire de la Nasa (Goddard Institute for Space Studies), qui résume en 26 secondes 131 ans d’évolution des températures sur Terre, de 1880 à 2011.

 


La vidéo met en évidence les différences de température par rapport à la moyenne d’une période de référence 1951-1980. Les couleurs bleues témoignent de températures inférieures à cette moyenne, les couleurs rouges des températures supérieures. On voit une nette augmentation de la température depuis la fin des années 1970, renforcée dans les années 2000.
Les données compilées par le laboratoire proviennent des relevés de plus de 1000 stations météorologiques dans le monde, des observations satellitaires de la température de la surface de la mer et des mesures effectuées par la station de recherche de la NASA en Antarctique.
L’année 2011 se situe 0,51°C au-dessus de la température moyenne observée à la surface du globe en 1951. Neuf des dix années les plus chaudes jamais enregistrées l’ont été au cours de la dernière décennie.
Quelle est la responsabilité de l'homme ? La Nasa confirme que la hausse des températures est largement soutenue par l’augmentation des concentrations des gaz à effet de serre dans l’atmosphère, particulièrement du dioxyde de carbone, produit par les activités humaines (production d'énergie, transports, industrie, etc).

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Durban : soulagement diplomatique et accord en vue... mais pour plus tard !

16/12/2011

La 17e conférence des Nations unies sur le climat s’est finalement achevée, à l'issue de négociations marathon (avec 36 heures de retard...), par un accord prévoyant d’établir d’ici à 2015 un pacte global de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Cet accord devra entrer en vigueur en 2020. Il concernera pour la première fois tous les grands pays émetteurs, dont les États-Unis, l’Inde et la Chine. Il devra avoir une force légale mais ne sera pas juridiquement contraignant, contrairement à ce que demandaient les Européens.

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Les derniers instants de Durban, au petit matin

Durban 2011 aurait pu se terminer en catastrophe après 14 journées et deux nuits blanches de négociations. C’est donc tout de même un soulagement, bien que les ONG soient unanimement critiques sur l’issue de ce sommet, et sur cet accord obtenu à l’arraché. Il permet malgré tout d’écrire une suite au protocole de Kyoto après 2012 (mais sans la Russie, le Canada et le Japon) et d’éviter un naufrage deux ans après la déconvenue de Copenhague. Mais il ne s’accompagne pas d’une hausse du niveau des promesses des pays pour réduire leurs émissions de GES. Promesses actuellement largement insuffisantes pour contenir le réchauffement sous le seuil de 2°C.

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