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COP21 : maintenant tout est possible, mais tout reste à faire

Posté par Delphine SMAGGHE, le 15/12/2015
Catégorie : Climat

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Sous un tonnerre d’applaudissements, samedi 12 décembre à 19h30, l’accord de Paris a finalement été adopté par les 195 États participant à la conférence. Un accord historique et un immense succès diplomatique. Mais Le texte est un point de départ, pas un aboutissement. Un socle sur lequel construire, avec tous les acteurs de la société, la réponse à l’urgence climatique.

 


C’est une première dans l'histoire de la gouvernance mondiale en matière d'environnement. Après 13 jours (et quelques nuits) de négociations acharnées, une prolongation de 24 heures sous haute tension, un accord international a finalement été conclu. Il doit encore être ratifié dans chaque pays selon sa propre législation. Petit résumé en trois points d'interrogation.

Ambitieux ?

L’accord est plus ambitieux que l’objectif initial de la COP21, puisqu’il prévoit de contenir le réchauffement bien en dessous de 2°C par rapport aux niveaux préindustriels et de poursuivre les efforts pour limiter la hausse des températures à 1,5°C. Ce chiffre était une revendication portée par les petits États insulaires, les premiers menacés par la montée du niveau des mers. Ce seuil, très probablement irréaliste, a surtout une portée symbolique et politique. Il a au moins le mérite de donner corps, dans l'absolu, à une plus grande ambition .

Pour ce faire, aucune réduction chiffrée des émissions de gaz à effet de serre n'est mentionnée. il est seulement prévu de viser « un pic des émissions mondiales de gaz à effet de serre dès que possible » puis de parvenir, dans la seconde partie du siècle, à un équilibre entre les émissions d’origine humaine et les capacités d'absorption naturelles de la planète, donnant ainsi un rôle aux puits de carbone que sont par exemple les océans ou les forêts.

Juridiquement contraignant ?

À partir de 2020, date d’entrée en vigueur de l’accord, les pays devront présenter de nouveaux objectifs de réduction d’émissions tous les 5 ans, avec l’impossibilité de les revoir à la baisse. Mais aucune sanction n’est prévue en cas de non-respect des engagements. L’obligation de présenter régulièrement un objectif de réduction des émissions est le seul aspect contraignant de l’accord. Un mécanisme de transparence sera mis en place : un comité d’experts internationaux vérifiera, publiquement, les informations fournies par les pays en termes de suivi de leurs émissions et des progrès accomplis pour les réduire.

Équitable ?

Financement. Pour solder leur « dette climatique », les pays du Nord ont promis de verser 100 milliards de dollars (91 M€) d’ici à 2020 à ceux du Sud. Mais les nations pauvres veulent davantage, après 2020, pour faire face aux impacts du dérèglement climatique : sécheresses, inondations, cyclones et montée des eaux. C’est pourquoi cette somme est un «plancher» qui appelle donc à être relevé, «au plus tard en 2025».

Efforts de réduction. Les responsabilités sont «communes mais différenciées» : tous les pays ont des efforts à faire pour contenir le réchauffement climatique, mais ces efforts ne seront pas les mêmes partout. Les pays du Nord doivent «assumer plus de responsabilités» car les pays en voie de développement doivent être «autorisés à se développer ».

Pertes et dommages. Le sujet est très sensible pour les pays les plus menacés. L’accord reconnait «l’importance de prévenir, minimiser et aborder les pertes et dommages associés aux effets négatifs du changement climatique ». Mais il exclut toute « responsabilité ou compensation » des pays du Nord à l'égard des pays du Sud et mentionne plutôt que les pays devraient « renforcer la compréhension, l’action et le soutien » sur ces questions.

Reste un chantier de taille qui nécessitera des efforts nationaux de longue haleine, mais aussi un engagement de la part de tous les acteurs socio-économiques.

Rendez-vous au Maroc : la COP22, qui se tiendra dans un an à Marrakech, sera un rendez-vous important pour la mise en œuvre des mesures adoptées, le suivi et l’évaluation des engagements pris à Paris.

 

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