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Négociations Climat : dernière ligne droite avant Paris

Posté par Delphine SMAGGHE, le 22/10/2015
Catégorie : Climat

Bonn_Octobre2015.jpgParticipation de Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères et futur président de la COP21, à la session de négociations de Bonn. © Florian Goerner.

Les délégations de 195 pays se réunissent à nouveau, et pour la dernière fois, cette semaine à Bonn. L'enjeu est de produire un projet d'accord suscitant la plus large adhésion possible, qui servira de base aux discussions de la COP 21 à Paris, en décembre. Sur fond de contestation des pays en voie de développement.


Début octobre, les deux co-présidents des débats avaient proposé aux délégués un texte de négociation épuré et clarifié, à leur demande. Il était passé de 90 à 20 pages, dans l’idée d'accélérer les discussions. C’est à partir de ce texte que les délégations des 195 pays, réunis pour la dernière fois à Bonn à six semaines de la conférence de Paris, doivent finaliser le projet d’accord qui posera le cadre des pourparlers à venir.

Sans doute le texte avait-il été trop élagué, puisqu’il a fait l’objet, dès lundi d’une vive contestation de la part des pays en voie de développement. Un groupe réunissant 134 pays (dont la Chine, l'Inde et de nombreux pays africains, asiatiques et latino-américains) a estimé que des enjeux clés pour eux ont été oubliés. Notamment les financements promis par les pays du Nord aux pays du Sud et les chapitres sur l'indemnisation des dommages générés par le réchauffement planétaire. De fait, rien dans le texte ne prévoyait de mesures contraignantes pour les pays développés envers les pays en développement. Pire encore pour des pays sujets à des phénomènes climatiques extrêmes, la question de la sécurité alimentaire avait disparu du document.

Ils ont été entendus : la première journée a été consacrée à l'amendement du texte, passé dans la nuit de 20 à 34 pages. D'ici vendredi soir, l'objectif est de trouver un projet d'accord accepté par tous et présentant clairement, sur les sujets clés, les options possibles qui devront être tranchées par les ministres lors de la COP21

Pour l’instant, 150 États ont remis à l'ONU leur "contribution" pour réduire leurs gaz à effet de serre à horizon 2025-2030 en vue de la conférence de Paris. Une participation forte, voire inespérée. Il faut souligner que, depuis 22 ans que les négociations internationales sur le climat existent, c'est la première fois que les pays les plus pauvres s'engagent à réduire ou à stabiliser leurs émissions de gaz à effet de serre. Le Mali, l'Éthiopie ou encore les Philippines, par exemple, ont dévoilé leur plan de lutte contre la pollution atmosphérique. Même l'Ouganda, un pays ravagé par des années de guerre civile qui représente 0,099 % des émissions mondiales, vise une diminution de ses émissions de - 22% en 2030.

Malgré tout, l'ensemble de ces promesses met encore la terre sur une trajectoire de +2,7° voire 3°C. C'est mieux que les +4 à 5° qui s'annoncent si rien n'est fait, mais on est encore loin de l'objectif de 2° que s'est fixé la communauté internationale.

Les négociateurs ont dans les tuyaux un mécanisme de révision des efforts à la hausse. Mais là encore, reste à déterminer sa nature et son caractère contraignant.

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