« Précédent | Page d'accueil | Suivant »

Abeilles : vers une interdiction des insecticides néonicotinoïdes en 2016

Posté par Delphine SMAGGHE, le 24/03/2015
Catégorie :

Abeille.jpgBy Dinkum (Own work) [CC0], via Wikimedia Commons

L'Assemblée Nationale a adopté, jeudi 19 mars, un amendement à la loi biodiversité demandant l'interdiction de toute substance insecticide de la famille des néonicotinoïdes à partir de janvier 2016. Des produits réputés toxiques, notamment pour les abeilles, dont la disparition massive est un phénomène mondial.


Depuis des années les apiculteurs voient leurs colonies diminuer de façon inquiétante. Les abeilles domestiques ne sont pas les seules victimes de ce phénomène : il concerne les insectes pollinisateurs en général, comme les abeilles sauvages, les boudons, les papillons... C’est un problème de taille pour l’agriculture, puisque ces insectes pollinisent les cultures destinées à notre alimentation. Aujourd’hui, un tiers de notre nourriture dépend directement de cette pollinisation.

Plusieurs facteurs peuvent expliquer cette disparition, le varroa (acarien parasite particulièrement destructeur), certains champignons et virus, le frelon asiatique, la monoculture, l’urbanisation... Mais au premier rang de ces facteurs figurent les néonicotinoïdes, la classe d’insecticides la plus utilisée dans le monde aujourd’hui.

Une courte vidéo publiée sur Le Monde Planète résume le problème.


Le déclin des abeilles expliqué en 3 minutes par lemondefr

Fin 2013, à la suite de l'action menée par la France et malgré les protestations des industriels du secteur, la Commission européenne a décidé d'interdire pendant 2 ans l'usage de trois substances actives de cette famille de molécules. Ces restrictions, limitées à deux ans, concernaient 75 cultures jugées attractives pour les abeilles.

Mais ces avancées semblaient insuffisantes aux apiculteurs qui regrettaient que cinq molécules restent autorisées en France. En 2014 la production de miel en France est tombée à 10 000 tonnes, contre 32 000 tonnes en 1995, pour un nombre de ruches presque équivalent.

C’est pourquoi l'interdiction des députés français vise désormais toute la famille des néonicotinoïdes. Pour les auteurs de l’amendement, il s’agit d’éviter que l'industrie ne substitue des produits cousins après le retrait d'un produit précis.

L'interdiction en 2016 n'est pas encore acquise : il faut encore que les parlementaires du Sénat suivent leurs confrères de l'Assemblée Nationale, ce qui est loin d'être gagné. Le gouvernement est défavorable à la mesure.

Un rapport rendu public ce jeudi par la Commission européenne, tire lui aussi la sonnette d'alarme : près de 10 % des quelque 2 000 espèces sauvages d'abeilles européennes sont menacées d'extinction. Si aucune mesure n'est prise, 5 % supplémentaires le seront dans un futur proche.

Commentaires (0) | Ajouter un commentaire |

Les commentaires sont fermés.

 

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour vous proposer des offres adaptées à vos centres d’intérêts et réaliser des statistiques de visite. En savoir plus et gérer ces paramètres > Fermeture