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De Lima à Paris, la route est encore longue

Posté par Delphine SMAGGHE, le 23/12/2014
Catégorie : Climat

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La vingtième conférence des parties (COP 20) des Nations unies sur le climat s’est terminée dans la nuit du 13 au 14 décembre à Lima. Dernière grande étape avant le rendez-vous Paris-climat de décembre 2015, elle s’est conclue sur un accord in extremis plus proche d’un appel aux bonnes volontés que d’une feuille de route claire et précise.


Une fois par an, depuis 20 ans, la communauté internationale se réunit dans ce qu’il est convenu d’appeler la conférence des parties (COP) pour chercher une solution au dérèglement climatique. La COP de Lima devait servir de rampe de lancement à celle qui se tiendra dans un an à Paris, et qui doit aboutir au premier accord universel et contraignant sur le climat.

L’objectif que s’est fixé la communauté internationale de limiter la hausse des températures à 2 °C d’ici à 2100 implique de réduire de 40 à 70 % d’ici à 2050 les émissions de gaz à effet de serre. Aujourd’hui plus personne (ou presque) ne conteste les recommandations du GIEC : dépasser ces fameux 2°C serait catastrophique pour l'humanité toute entière, avec des conséquences sur la planète, sur nos ressources vitales difficilement mesurables.

Les 195 pays présents à Lima sont cependant passés à deux doigts de l’échec. Après deux semaines d’intenses discussions et près de 36 heures de prolongation, ils sont parvenus à conclure un accord in extremis. Ce n’est pourtant pas celui auquel on pouvait s'attendre après l'élan suscité par le sommet des chefs d'État organisé en septembre à New York par le secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon, ou par l'accord bilatéral entre les États-Unis et la Chine un peu plus tard.

Pourquoi est-il si difficile de s’entendre sur le climat ? Essentiellement à cause du clivage Nord-Sud. Schématiquement, les pays du Nord souhaitent que les économies émergentes contiennent leurs émissions de gaz à effet de serre, en forte augmentation ces dernières années. Les pays du Sud ne veulent pas voir leur développement économique freiné et n’acceptent de s’engager sur les réductions qu’en échange de garanties financières pour y parvenir. Les Pays les moins développés veulent être dédommagés pour leurs faibles émissions de gaz à effet de serre et leur responsabilité limitée dans le réchauffement. Ils souhaitent que soient pris en compte des dégâts causés par le changement climatique, comme les sécheresses ou les inondations, qui ravagent les pays en développement.

L’accord de Lima fixe le format des futurs engagements de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Les pays doivent annoncer leur contribution respective avant mars prochain. Une synthèse ces efforts d'atténuation devrait être faite en novembre, soit très peu de temps avant le sommet de Paris, et aucun mécanisme d'évaluation n'a pu être adopté.

Reste que les négociateurs sont tout de même parvenus à un compromis. L’accord trouvé, à défaut de faire l’unanimité, contente à peu près les deux camps. La porte n’est pas fermée mais, à un an de la très attendue conférence de Paris, la tâche s’annonce plus que jamais ardue. Le texte final de l’accord reste flou et laisse beaucoup de points à éclaircir. L’année qui vient ne sera donc pas trop longue pour tenter de concilier les différentes positions.

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